Le 19 juin 2008
Les leaders des partis sociaux-démocrates et socialistes d'Europe ont déclaré aujourd'hui que le référendum irlandais "reflète le besoin pour l'Europe de répondre de façon plus ciblée aux véritables préoccupations des citoyens".
Les leaders du PSE ont conclu que le processus de ratification du traité de Lisbonne devait se poursuivre et qu'une fois que chaque Etat membre aurait pris sa décision sur le traité, un accord politique devait être trouvé pour entamer les réformes nécessaires concernant les procédures de prise de décision européennes.
Dans une déclaration rendue publique en amont du sommet européen d'aujourd'hui, les leaders des partis socialistes et sociaux-démocrates soulignent que “Les changements climatiques, la crise financière mondiale, la pauvreté et le chômage persistants, l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie et l’incertitude que génère l’immigration pour l’avenir – toutes ces questions exigent une action progressiste de l’UE et de ses Etats membres".
“Nous respectons les résultats du récent référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne. Il ne s’agit pas d’un « non » à l’Europe. (...) Nous devons remédier au sentiment d’incertitude que ressentent les individus et les familles. (...) Nous croyons fermement que le processus de ratification doit se poursuivre afin que tous les 27 Etats membres puissent se prononcer sur le traité de Lisbonne. Sur cette base, il faudra trouver un accord politique sur le futur de l’Europe afin d’avancer et de faire face aux défis communs".
Les leaders socialistes et sociaux-démocrates ont également lancé un avertissement ferme à l'égard de Nicolas Sarkozy, en soulignant que “Nous nous inquiétons de certaines déclarations faites par la prochaine présidence française de l’Union européenne, qui laissent supposer qu’elle ne sera ni progressiste ni solidaire. Par exemple, les propositions initiales sur la Méditerranée (...) ont marginalisé certains Etats membres de l’UE et les propositions actuelles pour un Pacte européen pour l’immigration semblent être déséquilibrées et réactionnaires".
Les leaders du PSE estiment que la prochaine présidence française de l'Union “n’a pas repris l’Europe sociale parmi ses grandes priorités politiques. Aucune proposition substantielle n’a été formulée jusqu’à présent, malgré les préoccupations réitérées des citoyens européens par rapport au chômage, aux droits des travailleurs, à l’accès des femmes au marché du travail et à la justice sociale." Les leaders du PSE appellent “à la définition de propositions substantielles sur l’Europe sociale et sur d’autres priorités fondamentales pour les citoyens d’Europe”.
En ce qui concerne l'augmentation des prix des denrées alimentaires et les pénuries alimentaires, les leaders considèrent que “L’UE et ses Etats membres doivent augmenter l’aide financière d’urgence pour empêcher la famine et verser $500 millions supplémentaires afin d’éviter une réduction des rations alimentaires distribuées par le Programme alimentaire mondial de l’ONU. Il est également essentiel de s’attaquer aux causes profondes de la crise en investissant massivement dans une agriculture vivrière durable, en particulier dans les pays en développement. L’UE doit prendre l’initiative d’analyser les implications et conséquences de cette crise pour l’Europe et empêcher la spéculation sur les denrées alimentaires de base afin que quelques privilégiés ne profitent pas de la famine et du désespoir du plus grand nombre".
Dans un chapitre consacré à la Commission européenne, les leaders du PSE soulignent également leur engagement en faveur d'une nouvelle législation de lutte contre la discrimination aussi large que possible, qui "doit servir les intérêts de tous les groupes discriminés".
Ils ont également apporté leur soutien aux actions visant à promouvoir l'égalité entre hommes et femmes en s'engageant “à faire tout notre possible pour augmenter la participation des femmes aux élections européennes, tant comme électrices que comme candidates, comme députées et comme candidates à des postes à haut niveau".
A la suite de la réunion des leaders du PSE, le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen a déclaré: “Les socialistes et sociaux-démocrates ont une idée claire de ce que devraient être les priorités de l'Europe. Les problèmes institutionnels de l'Europe ne constituent pas une crise. Oui, nous avons besoin de meilleures règles pour la prise de décision, oui, nous avons besoin de nombreuses choses dans le traité... mais ce sont les défis tels que les changements climatiques, le chômage, l'augmentation du prix du fioul, de l'alimentation et de la pauvreté qui nous importent vraiment. Ce sont là les vrais problèmes et les vraies priorités pour les socialistes et sociaux-démocrates”.
Ont participé à la réunion les premiers ministres et vice-premiers ministres suivants: Robert Fico (Slovaquie), Alfred Gusenbauer (Autriche), Ferenc Gyurcsany (Hongrie), Gediminas Kirkilas (Lituanie), Jose Socrates (Portugal), Sergei Stanishev (Bulgarie), Laurette Onkelinx (vice-première ministre, Belgique) et Jean Asselborn (vice-premier ministre, Luxembourg); les leaders de parti François Hollande (PS, France), Mircea Geoana (PSD, Roumanie), Elio Di Rupo (PS, Belgique), Caroline Gennez (SP.a, Belgique), Jiri Paroubek (CSSD, Tchéquie), Helle Thorning-Schmidt (SD, Danemark), Eamon Gilmore (LP, Irlande), Grzegorz Napieralski (SLD, Pologne), Laszlo Kapolyi (MSZDP, Hongrie), Alasdair McDonnell (leader-adjoint, SDLP, Irlande du Nord); également Diego Lopez Garrido (ministre à l'Europe, Espagne), Frans Timmermans (Ministre à l'Europe, Pays-Bas), David Miliband (ministre des affaires étrangères, Royaume-Uni), Margot Wallstrom (commissaire européenne), Javier Solana, Piero Fassino (porte-parole de l'opposition pour les affaires étrangères, PD, Italie), Martin Schulz (leader du Groupe socialiste au Parlement européen), Poul Nyrup Rasmussen (président du Parti socialiste européen), Mercedes Bresso (présidente du Groupe du PSE au Comité des Régions), Carin Jamtin (porte-parole de l'opposition pour les affaires étrangéres, SAP, Suède), Karin Saks (députée européenne, Estonie), Phidias Sarikas (député, Chypre) et Anna Karamanou (vice-présidente du PSE Femmes).


