Le PSE exige une nouvelle orientation pour l'Europe dans les cent premiers jours suivants les élections

24/04/2009
Martine Aubry

- et promet de soumettre à tous les candidats à la Commission ses revendications pour la prochaine stratégie quinquennale européenne

Les candidats du PSE aux élections européennes de toute l'Europe se sont accordés sur une série de revendications pour les 100 premiers jours de mandat du nouveau Parlement européen.

Réunis à Toulouse pour le lancement de la campagne électorale du PSE pour les élections européennes, les candidats socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes démocrates de 20 pays européens ont adopté une déclaration stipulant que

"Les élections européennes qui se tiendront entre le 4 et le 7 juin seront fondamentales pour l'avenir des citoyens. Nous passons par la récession mondiale la plus profonde depuis les années 1930 et le chômage pourrait frapper quelque 27 millions de travailleurs. En deux ans, nous aurons perdu dix millions d'emplois, avec des conséquences sociales dramatiques pour les citoyens partout en Europe. Par ailleurs, nous sommes confrontés à une crise climatique mondiale et urgente et à une véritable crise humanitaire dans le monde en développement. L'Union européenne doit urgemment changer de voie";

"Ce crise constitue un test de leadership européen".

"Nous demandons qu'au cours des cent premiers jours suivant les élections européennes, les sept mesures suivantes soient lancées afin de lutter contre la récession et le chômage de masse et afin de préserver la sécurité sociale:

1. Un nouveau plan de relance renforcé pour l'Europe, avec des investissements coordonnés dans l'emploi et une croissance verte. Le PSE a déjà proposé son propre plan de relance européen, qui pourrait nous éviter un chômage de masse et donner à l'Europe un nouveau sens.

2. Un pacte européen pour l'emploi afin de préserver les postes de travail, créer des emplois nouveaux et meilleurs, lutter contre le chômage de masse et renforcer les droits des travailleurs, les conditions de travail et l'égalité de salaires. L'Europe n'est pas une société de marché, mais bien une économie sociale de marché. Les droits sociaux fondamentaux doivent être garantis. Ces droits, notamment le droit à une libre négociation collective et les droits syndicaux, doivent primer sur le marché unique et les libertés économiques. La liberté de mouvement des travailleurs, y compris leur détachement, doit se fonder sur le principe suivant: à travail égal, salaire et de conditions de travail égaux dans une même entreprise.

3. Une nouvelle charte des droits des femmes afin d'améliorer les droits et les opportunités pour les femmes.

4. Un pacte pour le progrès social afin de faire face pleinement aux conséquences sociales de la crise, d'empêcher une augmentation de la pauvreté, de l'inégalité et de l'exclusion.

5. Une réglementation et une supervision effective et efficace des marchés financiers couvrant tous les acteurs et les instruments financiers, y compris les fonds spéculatifs et de capital d'investissement. Le PSE a formulé des propositions claires sur ce qu'il convient de faire afin d'éviter de nouvelles bulles financières aux effets dévastateurs à l'avenir.

6. Une nouvelle solidarité mutuelle entre tous les Etats membres, à l'est et à l'ouest, au nord et au sud, garantissant une feuille de route commune pour sortir de la crise.

7. Une feuille de route commune doit être mise au point au plus vite afin d'aboutir à un nouvel accord mondial au sein du G20 avant la fin 2009. Il s'agit de lancer une action coordonnée pour créer de nouveaux emplois dans le monde, de réguler au niveau mondial les marchés financiers, d'arriver à un accord mondial sur le climat et sur l'aide à octroyer aux pays en développement".

La déclaration souligne ensuite que les revendications des socialistes européens pour la prochaine stratégie quinquennale de l'Union européenne, définies sur la base des propositions progressistes présentées dans le manifeste du PSE 'Citoyens d'abord: Un nouveau sens pour l'Europe', seront soumises "immédiatement après les élections européennes" et "à tous les candidats à la nouvelle Commission européenne. Nous voulons une Commission qui soit progressiste et qui donne une nouvelle orientation progressiste à l'Europe".

"Les élections européennes du 4 au 7 juin seront l'occasion pour les citoyens d'Europe d'exercer leur droit démocratique afin de déterminer quel sera le cours futur de l'Union européenne. En ce sens, nous demandons que le Conseil européen respecte et accepte le fait que le nouveau Parlement européen élu joue pleinement son rôle démocratique dans les consultations concernant la nouvelle présidence de la Commission européenne. Nous devons avoir le temps de constituer notre groupe parlementaire afin d'exercer pleinement nos fonctions démocratiques".

"La crise économique et financière est loin d'être terminée. Les hommes et les femmes partout en Europe devront faire un choix lors de ces élections européennes: entre une Union européenne progressiste mettant les citoyens d'abord dans sa lutte contre la crise et contre les véritables défis auxquels nous sommes confrontés et une Union européenne à droite, passive face à une augmentation de la récession et du chômage de masse, laissant notre avenir dans les mains du marché".

"Cette crise doit devenir une occasion pour nous de créer de nouvelles opportunités pour les citoyens à l'avenir. Les nouveaux dirigeants européens doivent s'assurer qu'aucun effort ne sera épargné pour mettre fin à la récession. Nous prenons un engagement ferme face aux hommes et aux femmes partout en Europe: celui de défendre leurs intérêts avant tout et de donner à l'Europe un nouveau sens en juin 2009."

Ont pris part à la réunion et au lancement public de la campagne les leaders suivants: Martine Aubry (France), Poul Nyrup Rasmussen (PSE), George Papandreou (Grèce, Internationale socialiste), Ilkka Kantola (Finlande), Monika Lamperth (Hongrie), Vittorio Craxi (Italie), Juri Pihl (Estonie), Ivans Dainis (Lettonie), Yiannakis Omirou (Chypre), Joseph Muscat (Malte), Laszlo Kapolyi (Hongrie); ainsi que les têtes de liste et candidats suivants: Martin Schulz (Allemagne), Juan Fernando López Aguilar (Espagne), les têtes de liste socialistes, parmi lesquels Kader Arif, Adrian Severin (Roumanie), Kinga Goncz et Zita Gurmai (Hongrie), Jiri Havel (Tchéquie), Britta Thomsen (Danemark), Ivari Padar (Estonie), Dimitris Komodromos (Chypre), Luciano Vecchi (Italie), Emine Bozkurt (Pays-Bas), Véronique De Keyser (Belgique), Edite Estrela (Portugal), Stavros Lambrinidis (Grèce), Justus Paleckis (Lituanie), Karin Kadenbach (Autriche), Jolanta Szymanek Deresz (Pologne), Philip Cordery (France).

Enfin, pour marquer leur préoccupation face à la crise et au chômage, Martine Aubry, Poul Nyrup Rasmussen et Juan Fernando López Aguilar ont rencontré des syndicalistes d'EADS, patron d'Airbus, où une diminution des commandes a abouti à des licenciements et à des réductions des heures supplémentaires, ainsi que de l'entreprise Molex.

La réunion des candidats, au cours de laquelle ces derniers ont adopté la déclaration, a été suivie du lancement officiel de la campagne avec la participation de quelque 2500 militants enthousiastes provenant surtout du Sud-Ouest de la France et de l'Espagne.

Lire la déclaration des leaders 

POUR PLUS D'INFORMATIONS
Julian Scola, responsable Communications - Médias & Campagnes
Parti socialiste européen, Rue du Trône, 98, B-1050 Bruxelles
Portable +32 486 117 394
julian.scola@pes.org