Les leaders des partis du PSE se sont réunis aujourd'hui à Bruxelles en amont du sommet européen et ont appelé à l'élaboration d'un plan de relance plus fort, plus ambitieux et mieux coordonné pour l'Europe. Ils ont par ailleurs demandé à l'UE de promouvoir l'adoption d'un nouvel accord mondial lors du sommet du G20 à avril.
Les leaders des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d'Europe ont adopté une déclaration, appelant "...les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis lors du sommet de printemps des 19 et 20 mars à s'accorder sur des politiques coordonnées et ambitieuses pour une action européenne et mondiale (...) afin de répondre à l'ampleur et à l'urgence du défi auquel nous sommes confrontés aujourd'hui".
Les leaders ont également déclaré que "Seul un effort renforcé, plus ambitieux et mieux coordonné de relance au niveau européen et mondial nous permettra de sortir de la récession".
La déclaration du PSE poursuit en soulignant que "Sans mesures supplémentaires, le prix à payer n'en sera que plus important: une récession prolongée et profonde pourrait amener son cortège de problèmes à long terme sur le plan social, économique et du chômage, qui pourraient fortement affecter les citoyens et les Etats membres de l'Union".
Les leaders du PSE proposent une stratégie axée sur sept points afin de réviser le plan européen de relance économique que doit se fonder sur:
1. Davantage d'investissements: afin de générer une nouvelle croissance dans les Etats membres en 2009 et 2010;
2. Davantage de facilités de crédit: en rouvrant les lignes de crédit du système bancaire pour les investissements privés et les dépenses pour la relance;
3. Un pacte pour l'emploi: afin de stimuler la création de nouveaux emplois, d'aider les chômeurs à retrouver un emploi aussi rapidement que possible et préserver de postes de travail existants;
4. Un pacte pour le progrès social: afin de tenir compte du coût social de la crise, en empêchant une augmentation de la pauvreté, de l'inégalité et de l'exclusion;
5. Solidarité économique: renforcer l'appui financier aux Etats membres qui ne disposent pas des moyens suffisants pour stabiliser leur système bancaire et investir dans leur relance;
6. Une meilleure réglementation: une réglementation et une supervision globale et renforcée de tous les instruments et des acteurs financiers, y compris les fonds spéculatifs et de capital d'investissement;
7. Une action mondiale axée sur
- des politiques de relance budgétaire actives et fortement coordonnées afin de sortir le monde de la récession et de le mettre sur la voie du développement durable;
- le parachèvement du cycle de Doha pour le développement, en garantissant qu'il profite à tous les pays;
- la poursuite des objectifs du millénaire pour le développement définis par l'ONU car "si nous échouons, une génération de plus sombrera au minimum dans la pauvreté et la privation";
- un renforcement des ressources du FMI et de nouveaux instruments financiers seront nécessaires afin de faire face à la contraction rapide des investissements étrangers, de l'aide et du commerce qui frappe pour l'instant le monde en développement;
- pas de ralentissement des négociations pour un nouvel accord mondial sur le climat car "au contraire, la relance doit mener vers une transformation économique partout dans le monde afin de nous orienter vers un avenir à faible émission de carbone";
- une réforme du système actuel de gouvernance mondiale "défini pour répondre aux exigences d'une époque à présent révolue".
Le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen a déclaré: "L'époque où on pouvait accuser le président Bush pour le manque de leadership constructif au niveau mondial est révolue. Aujourd'hui, c'est l'Europe qui risque d'être pointée du doigt par le reste du monde. Nous sommes confrontés à la pire récession depuis les années 1930 mais les Merkel, Sarkozy et Juncker nous disent de ne plus rien faire pour essayer de l'endiguer. La Commission européenne promeut l'idée que l'Europe investit 3,3% de son PIB dans la relance alors que les chiffres réels sont bien inférieurs, et bien en dessous de ce que les Etats-Unis ne dépensent et que le FMI ne recommande. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont en train de miner la crédibilité de l'Europe à Washington et partout ailleurs".
Ont participé à la réunion: Werner Faymann, José Sócrates, Ferenc Gyurcsany, Sergei Stanishev, Borut Pahor, Dan Nica, Jean Asselborn, Frans Timmermans, Diego Lopez Garrido, Martine Aubry, Mircea Geoana, Mona Sahlin, George Papandreou, Elio Di Rupo, Caroline Gennez, Ivari Padar, Janis Dinevics, Grzegorz Napieralski, Margot Wallstrom, Joaquin Almunia, Vladimir Spidla, Javier Solana, Poul Nyrup Rasmussen, Martin Schulz, Massimo D'Alema, Lapo Pistelli, Vittorio Craxi, Zita Gurmai, Josep Borrell, Mercedes Bresso, Giacomo Filibeck, Ruairi Quinn, Jiri Havel, Fidias Sarikas, Vittorio Craxi, Philip Cordery.
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