13-14 mars 2005, Beyrouth, Liban
Composition de la délégation
Ont participé à la délégation du PSE au Liban :
- Poul Nyrup Rasmussen Président du Parti socialiste européen, Danemark
- François Hollande Leader du Parti socialiste français
- George A. Papandréou Leader du PASOK, Grèce
- Elio Di Rupo Leader du Parti socialiste, Belgique
- Pierre Mauroy Ancien premier ministre et ancien président de l’IS, France
- Philip Cordery Secrétaire général du Parti socialiste européen, France
Contexte
La délégation du PSE a répondu à l’invitation de Walid Joumblatt, président du Parti progressiste socialiste, parti membre de l’IS, de venir soutenir les partis de l’opposition dans l’épreuve de force par laquelle passe actuellement le Liban. Après l’adoption de la résolution 1559 par le Conseil de sécurité de l’ONU le 2 septembre 2004, l’assassinat de Rafic Hariri le 14 février 2005 et la démission du gouvernement d’Omar Karamé le 28 février dernier, les pressions tant nationales qu’internationales ont augmentées en faveur de changements radicaux au Liban.
Depuis des semaines, des centaines de milliers de manifestants sont constamment dans les rues aux côtés de plusieurs personnalités politiques libanaises, pour exprimer des messages différents, tant prosyriens qu’anti-syriens. Le PSE veut exprimer sa solidarité avec le peuple libanais dans ces circonstances très délicates et difficiles pour l’émergence d’un Liban vraiment indépendant, souverain et libre.
Délégation du PSE au Liban – Déclaration finale et étapes futures
Les 13 et 14 mars 2005, une délégation de haut vol du Parti socialiste européen s’est rendue au Liban pour manifester le soutien du PSE à la lutte pour la démocratie menée par l’opposition libanaise.
La délégation, menée par le président du PSE et ancien premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen, était également composée de François Hollande, Leader du PS français, George A. Papandréou, Leader du PASOK, Grèce, Elio Di Rupo, Leader du PS belge, Pierre Mauroy, ancien premier ministre français et le secrétaire général du PSE Philip Cordery.
La délégation s’est d’abord rendue sur la tombe de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, afin de rendre hommage tant à lui qu’à ses gardes du corps, tués récemment dans un attentat atroce. Elle a ensuite rendu visite à la veuve de M. Hariri afin de lui présenter les condoléances de tous les socialistes européens.
La délégation a ensuite rencontré Walid Joumblatt, leader du PSP (parti membre de l’Internationale socialiste) et les représentants de tous les partis d’opposition libanais, réunis à Moukhtara.
La délégation a également rencontré Nabih Berry, président du Parlement et du parti Amal et a également eu l’occasion d’avoir un échange d’opinions avec plusieurs représentants du corps diplomatique de l’UE.
George Papandréou a ensuite continué son voyage vers Damas/la Syrie afin de rencontrer le ministre syrien des affaires étrangères Farouk Al-Shara’ et lui transmettre les conclusions des entretiens de la délégation au Liban.
A la fin de la visite, la délégation a fait la déclaration suivante :
« Nous avons été impressionnés par l’unité et la détermination des partis et des personnalités de l’opposition, qui, malgré leurs différences religieuses et politiques, et parfois même un passé de conflits violents entre eux, se sont unis derrière un message commun d’indépendance et de démocratie. Nous les appuyons pleinement dans leur lutte pour la vérité, la démocratie et l’indépendance.
Notre première revendication est de connaître toute la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri. Sur ce thème très important pour tous les libanais, nous avons insisté sur la création d’une commission d’enquête indépendante qui ait un plein accès à tous les témoins et dossiers afin de connaître toute la vérité sur l’assassinat et prendre toutes les mesures nécessaires en accord avec le droit international.
Nous avons également insisté sur le besoin de mener à terme le retrait des forces militaires et de sécurité syriennes dans le cadre d’un calendrier précis élaboré rapidement par l’envoyé spécial du SG de l’ONU Terje Roed-Larsen. La date limite doit être les prochaines élections législatives, qui doivent se dérouler avant fin mai. Nous demandons instamment au gouvernement d’accepter la demande de l’opposition de démettre les 7 chefs des services secrets libanais de leur fonction, car ils ne sont plus en mesure de pouvoir garantir le niveau nécessaire de confiance à la veille du processus électoral.
Afin que le Liban recouvre sa pleine souveraineté et démocratie, les prochaines élections législatives doivent être justes, libres et pleinement transparentes. Nous appuyons pleinement le processus de supervision mené par l’UE.
Nous demandons instamment à toutes les autorités libanaises de prendre en compte le désir des millions de citoyens venant de communautés différentes et qui appellent à la vérité, l’indépendance et à la démocratie et nous insistons sur l’urgence de la situation afin d’éviter une crise économique et les risques de dérapages violents.
Les leaders des partis de l’opposition sont tous d’accord pour dire que la non-violence doit être la ligne de conduite pour les semaines à venir. Nous appelons tous les partis à suivre cet exemple et à s’abstenir d’utiliser la violence ou de brandir tout autre type de menaces. Les responsables de ces actes de violence n’en seraient que plus facilement identifiables et devraient assumer la responsabilité historique d’avoir anéanti le processus démocratique au Liban.
Nous continuerons à faire un travail de suivi actif de cette délégation en demandant à l’UE de suivre de près le processus de démocratisation au Liban et en intensifiant l’appui du PSE à l’opposition démocratique libanaise. »
Etapes futures :
1. Nous maintenons et appuyons la pression internationale sur la Syrie pour un retrait immédiat et complet de ses forces du Liban.
2. Nous garantissons notre plein appui à l’opposition et nous continuerons à marquer notre présence, entre autres, en encourageant l’envoi de délégations par le PSE, le Groupe du PSE au Parlement européen et les partis membres du PSE au Liban.
3. Nous demandons de l’UE qu’elle envoie des observateurs internationaux et qu’elle marque ainsi sa présence durant les prochaines élections.
4. Nous demandons que l’UE soit prête à apporter son expertise pour un déroulement positif de l’enquête internationale sur l’assassinat de feu Rafic Hariri.
5. Nous demandons que l’UE continue de réfléchir sur l’accord d’association UE-Liban afin de prendre en compte les derniers événements.
Poul Nyrup Rasmussen
Président du PSE
François Hollande
Premier secrétaire du PS, France
George A. Papandréou
Leader du PASOK, Grèce
Elio Di Rupo
Président du PS, Belgique
Programme
Dimanche, 13 mars 2005
15.45 Arrivée à l’aéroport de Beyrouth
16.00 Visite de la Place des Martyrs, appelée à présent Place de la Liberté, point de rencontre des manifestants, et hommage sur la tombe de Rafic Hariri.
16.45 Rencontre avec Mme Nazek Hariri, veuve de feu M. Hariri, à Koraytem.
17.00 Départ vers Moukhtara, maison ancestrale des Joumblatt dans les montagnes Chouf, au sud-est de Beyrouth.
18.00 Accueil par Walid Joumblatt, leader du PSP.
18.30 Réunion avec les partis d’opposition :
- Le Renouveau démocratique : Nassib Lahoud, président, député et Mousbah Ahdad, député.
- Mouvement de la gauche démocratique : Elias Atallah, leader.
- Mouvement de Hariri - Mustaqbal (L’avenir): Ahmad Fatfat, député et Ghattas Khoury, député.
- Kataeb (Mouvement réformiste phalangiste) : Amin Gemayel, ancien président de la République.
- Kornet Chewan: Samir Frangié, Farès Seaid, député, Nayla Mouawad, députée.
- Forces libanaises : Streeda Geagea.
- Mouvement libre patriotique : Jebran Bassil (faction Aoun).
- Block national : Carlos Edde.
- PSP: Marwane Hamadé, ancien ministre, député
- Rassemblement démocratique (Bloc Joumblatt) : Bassem Sabbeh, député, Fouad Saad, député, Salah Honein, député.
20.30 Dîner avec Walid Joumblatt, leader du PSP.
Lundi, 14 mars 2005
12.00 Rencontre avec Nahib Berri, président du Parlement et leader du mouvement Amal.
14.00 Déjeuner organisé par l’ambassadeur français, avec le représentant de l’UE, l’ambassadeur britannique, l’ambassadeur hollandais, et les directeurs des journaux An Nahar et L’Orient Le Jour (plus grands journaux libanais).
20.00 Dîner avec Ahmad Fatfat, député Mustaqbal, l’ambassadeur du Danemark, le professeur Chibli Mallat, directeur du Centre d’études de l’Union européenne à l’Université Saint Joseph, à Beyrouth.
Liste des participants
Poul Nyrup Rasmussen, pésident du Parti socialiste européen, Danemark
François Hollande, leader du Parti socialiste, France
George A. Papandréou, leader du PASOK, Grèce
Elio Di Rupo, leader du Parti socialiste, Belgique
Pierre Mauroy, ex premier ministre et ancien président de l’IS, France
Philip Cordery, secrétaire général du Parti socialiste européen, France
Parti Socialiste, France
Maurice Braud, responsable des affaires internationales
Joseph Tohmé, responsable pour le Liban au département international
Frédérique Espagnac, responsable presse de François Hollande
PASOK, Grèce
Dimitris P. Droutsas, chef de cabinet
Nikos Ziogas, responsable presse
Dimitris Dollis, conseiller politique
Pavlos Yeroulanos, conseiller politique
Parti Socialiste, Belgique
Etienne Godin, secrétaire international
Parti socialiste européen
Yonnec Polet, conseiller politique


