Chat avec P.N. Rasmussen sur l'Europe sociale, 28 novembre 2005

rafa: considérez-vous que l'UE doive augmenter sa présence dans le Maghreb pour éviter l'immigration massive venant de cette région?

PN Rasmussen: Oui, je crois que l'UE doit être plus présente mais de façon ciblée. Nous devons comprendre que les conditions pour éviter une immigration massive en Europe consistent à ce que l'UE crée de meilleures conditions socio-économiques et d'emploi dans le Maghreb. Et que l'Europe soit claire et conséquente dans ses exigences en matière de respect des droits syndicaux, de l'homme et de la démocratie.

chourka: Cher Poul, Bravo pour ta lettre ouverte à José Manuel Durao Barroso. Une Europe plus sociale, ne passe-t-elle pas par un PSE plus fort, plus intégré ?

PN Rasmussen: Oui, certes, et nous avons déjà pris les premières mesures en ce sens lors de notre réunion du Conseil à Vienne. en fait, nous sommes en train de devenir plus visibles et plus actifs comme parti mais nous pourrions être encore plus forts. Par conséquent, notre nouvelle initiative pour plus de croissance et plus d'emplois et de meilleure qualité et notre initiative sur l'Europe sociale ouvrent la voie en ce sens. Ensemble, nous pouvons construire un PSE plus fort, en étroite coopération avec nos partis membres. Nous n'en serons que plus forts tous, et ce qui est plus important, les citoyens en Europe en seront plus forts également.

Paluckas: J’ai récemment lu un communiqué de la Commission européenne sur comment aborder les problèmes démographiques de l’UE. Ces questions ne relèvent-elles pas de la compétence des états-membres ?

PN Rasmussen: Oui, les défis démographiques sont du ressort des états nationaux, certes, mais c'est notre défi et notre responsabilité commune en tant que socialistes et sociaux-démocrates que de l'affronter. Nous devons développer une vision commune et  notre voie vers l'avenir afin d'avoir un état-providence et une alternative sociale décente face à l'approche néolibérale qui débouche sur un nivellement vers le bas. encore une fois, nous pouvons nous unir pour le progrès social, pour de meilleurs emplois, pour une meilleure politique d'intégration avec des réponses durables aux défis démographiques. Nous venons d'élaborer un rapport en ce sens qui a bénéficié de l'aval unanime de nos leaders.

PSOUG: ON reparle de la directive Bolkenstein. Quel avenir pour les secteurs publics ? les hopitaux, l'énergie ?

PN Rasmussen: Le PSE a une position très claire sur cette question, accordée en février de cette année à Stockholm. Nous allons toujours faire en sorte qu'un secteur public, comprenant la santé, l'éducation, les hôpitaux, les écoles, la prise en charge des personnes âgées, fasse partie de notre Europe sociale. En fait, nous avons réussi au sein de la Commission sur le marché intérieur au Parlement européen à garantir que les services publics soient du ressort des états nationaux. Juste pour vous dire que le marché sera toujours au service des gens et non leur maître!

Boris: Cher Poul, croyez-vous que les parties socio-démocrates européens partagent les mêmes valeurs ? Il existe beaucoup de différences entre eux. Dans certains pays ils sont très libéraux. Ne pensez-vous pas que le PSE devrait avoir un impact plus grand sur les politiques appliquées par ces partis ?

PN Rasmussen: Je crois que tous nos partis membres partagent des mêmes valeurs fondamentales. Toutefois, évidemment, les différents pays et donc nos partis membres parfois se retrouvent dans des situations différentes, en termes économiques, de bien-être, d'histoire, etc. Lors du Conseil de Vienne, j'ai reçu la confirmation que nous sommes décidés à avancer dans notre feuille de route commune, ce qui veut dire que nous insistons sur l'Europe sociale, nous insistons sur le fait que de nouveaux modèles sociaux, la compétitivité et plus d'emplois et de meilleure qualité ne sont pas contradictoires mais bien des conditions sine qua non sur la base de nos valeurs. Je peux vous assurer que le PSE va intensifier ses contacts avec ses partis membres et les capitales européennes. J'ai trouvé très encourageant que tous nos leaders et premiers ministres se sont réunis au 10, Downing Street juste avant le sommet de Hampton Court. Nous avons adopté unanimement notre nouveau programme d'action pour la croissance et l'emploi ET des réformes structurelles à notre façon. Donc, nous pouvons agir en commun et le PSE sera à l'avant-garde en ce sens.

manu: Existe-t-il une campagne du PSE sur l’Europe sociale ?

PN Rasmussen: Oui, il y a en une. Nous serons présents partout en Europe, dans les coeurs et les esprits des gens ordinaires. Nous nous engagerons, ensemble avec nos partis membres, à faire de cette nouvelle voie, de ce nouveau sentiment que nous pouvons changer le PSE et ses membres ensemble pour le mieux. Le combat politique doit continuer à tous les niveaux démocratiques pertinents - au niveau local, régional, national et européen. C'est la raison pour laquelle l'Europe sociale est un travail politique fondamental commun à mener. L'économie de marché a depuis trop longtemps été la seule voie transfrontalière. A présent, nous voulons renforcer l'économie de marché pour garantir qu'elle fonctionne au mieux, c'est-à-dire pour qu'elle génère de l'emploi, qu'elle permette de coordonner des investissements publics-privés dans tous nos pays, pour garantir les meilleures pratiques. Encore une fois, notre ambition est mettre en oeuvre cette alternative cohérente par rapport à l'approche néolibérale. L'Europe peut être compétitive dans le monde d'aujourd'hui sans devoir sacrifier sa sécurité sociale, élément fondamental s'il en est- il s'agit d'entreprendre les bonnes réformes et non de se lancer dans un nivellement vers le bas.

Paul: L’UE ne devrait-elle pas protéger ses états membres et ses populations de la mondialisation?

PN Rasmussen: Certes, si on le pouvait! Mais on ne peut pas. La mondialisation ne va pas disparaître. Il nous faut faire face aux défis qu'elle pose moyennant une action du PSE et de ses partis membres offensive. Chaque fois que les emplois sont délocalisés ou sous-traités, il nous faut créer plus d'emplois et de meilleure qualité en Europe. Chaque fois qu'une région est frappée par la délocalisation, nous devons prendre de nouvelles initiatives pour créer une nouvelle prospérité pour une nouveau développement et pour l'emploi dans cette région. Telle est notre responsabilité, il ne faut pas essayer d'arrêter la mondialisation. Nous ne le pouvons pas, mais nous pouvons investir dans les personnes pour leur permettre d'avoir des emplois, une nouvelle sécurité et une nouvelle prospérité. En ce sens, nous avons besoin d'un état social fort, modernisé mais tout de même basé sur nos valeurs, ainsi qu'une coopération étroite au nvieau européen, avec une croissanced élevée, et plus de progrès sur les objectifs de Lisbonne. L'un des plus importants est l'emploi et la participation des femmes sur le marché de l'emploi à l'avenir.

Alexander: Peut-on considérer ‘sociale’ une Europe dont les ressortissants des nouveaux états membres n’ont pas le droit de travailler dans les anciens états membres ?

PN Rasmussen: Je crois que nous pouvons y arriver mais nous devons attendre les clarifications sur la directive services et la situation des travailleurs en Europe occidentale. Les travailleurs en Europe centrale et orientale s'inquiètent aussi de l'avenir de leur emploi. Donc, essayons d'oeuvrer pour arriver à un accord commun pour éviter de créer une opposition entre travailleurs; imaginez que dans la directive services, nous puissions accorder que les travailleurs bénéficieront de conditions de travail et de salaires dans les pays où ils travaillent - alors, je pense que les pays d'Europe occidentale seraient bien plus ouverts à mettre en oeuvre la libre circulation des travailleurs vis-à-vis des travailleurs des nouveaux états membres.


max: plus de 20% de chômage des jeunes en Europe, n'est il pas temps de réagir ?

PN Rasmussen: Certainement - l'Europe aurait dû réagir il y a très longtemps! Non, sérieusement, nous pouvons agir maintenant pour diminuer le chômage des jeunes. Il s'agit là de la tâche la plus importante dans notre politique d'emploi. Mais cela nécessite une série d'approches cohérentes qui inclut plus d'investissements nationaux dans l'éducation et la formation, des politiques d'emploi plus dynamiques alliant la responsabilité sociale des entreprises et l'éducation et formation des jeunes, et surtout et avant tout, une plus grand croissance et plus d'emplois. Je crois qu'il faut absolument investir directement dans l'emploi et l'éducation pour ce groupe de la population et pour les jeunes qui n'ont pas eu la chance d'avoir une bonne formation après l'école primaire.


Moderate: Cher M. Rasmussen, croyez-vous qu’il soit possible de parler de modèle social et de justice sociale lorsque la moitié de la population travaille dur tandis que l’autre moitié est assistée? Croyez-vous que ce soit socialement équitable ?

PN Rasmussen: Non, ce ne serait pas juste si votre description de la situation correspondait à la réalité. Depuis longtemps, nous avons pu démontrer que les gens veulent travailler. 20 millions de chômeurs et trop peu de croissance en Europe, ce n'est pas une loi de la nature. Nous avons pu démontrer dans les pays scandinaves que l'on peut avoir le plein emploi et une couverture sociale très élevée en même temps.


jean-phil: les socialistes n'ont-ils pas échoué à vouloir reprendre des recettes éculées pour faire face à la mondialisation? Aux Etats Unis le taux de chomage est très bas. Tout le monde à un emploi !

PN Rasmussen: Nous avons le plein emploi dans les pays nordiques aussi. Personne ne travaille en- dessous du seuil de pauvreté. Très peu de personnes sont exclues. Nous pouvons concilier une bonne couverture sociale avec la compétitivité et le plein emploi. Et nous le ferons pour toute l'Europe à travers une nouvelle croissance et les bonnes réformes. Il ne nous faut pas copier les recettes éculées des Etats-Unis. Notre Europe peut survivre et nous savons comment.


Kévin: Pensez-vous que le plein emploi en Europe, ambition évoquée à Lisbonne, soit toujours envisageable ?

PN Rasmussen: Oui, je le crois. Nous étions plus près du but en 2000 à Lisbonne et nous reprendrons du poil de la bête à travers notre programme d'action commun et une plus grande croissance qui permettra de financer les progrès de Lisbonne, y compris de nouveaux investissements dans l'éducation. Ainsi, on pourra "boucler la boucle".

Tadeusz: Lors des dernières elections européennes, le PSE n’a pas gagné beaucoup de sièges: comment peut-on créer une Europe sociale si nous sommes en minorité?

PN Rasmussen: Cette question s'applique également aux états nationaux. C'est simple: nous devons travailler de façon continue sur les conditions réelles. Le travail au PE a montré que nous pouvons former des alliances qui font la différence. Par exemple, sur la directive temps de travail, la directive sur les ports, sans parler du fait que nous nous soyons débarrassés de Signor Buttiglione.

Indalecio: aujourd’hui en Europe, les activistes sont membres  d’un parti national. Est-il possible de devenir membre individuel du PSE ?

PN Rasmussen: Il s'agit d'un pas énorme en avant, une décision que nous avons prise et qui consiste à impliquer les militants dans le travail de notre parti le PSE. J'espère que beaucoup de militants de joindront à nous - nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble. Nos militants seront une partie importante pour notre visibilité et pour renforcer le lien avec les activités nationales. C'est un bon début. Montrons dans les mois à venir qu'à travers notre initiative sur l'Europe sociale, notre dialogue citoyen, en gagnant les élections nationales, en créant une plus grande conscience sur notre Europe, que nos militants peuvent marquer la différence. Au début de l'année prochaine, nous allons avoir la possibilité de faire en sorte que les militants des partis deviennent militants du PSE. Faisons de cette initiative une réussite et voyons comment cela pourra évoluer.

Catherine: Croyez-vous que l’Europe ne soit qu’un projet  de business ?

PN Rasmussen: Non, mais il existe un risque réel en ce sens. Vous savez, c'est comme dans la politique nationale: si on ne lutte pas, on ne compte pas. Nous avons un marché, une monnaie unique, à présent, il nous faut notre Europe sociale. Voilà notre vision de l'Europe.

tompe: M. Rasmussen: à quoi ressemble une de vos journées de travail ?

PN Rasmussen: Ce ne sont pas des journées normales, du tout!!! Mais ce sont des journées fantastiques. C'est un privilège que de travailler pour ce à quoi on croit, et de pouvoir le faire avec une équipe motivée et dévouée au secrétariat du PSE. Promettez-moi que de rester avec nous - ensemble, nous pouvons changer l'Europe pour le meilleur.

Chourka : Pourquoi l'action des Commissaires européens socialistes ou sociaux-démocrates n'est-elle pas plus mise en valeur ? Je pense bien sûr à Margot Wallström mais surtout à Vladimir SPIDLA qui a en charge les Affaires sociales et l'Emploi !

P.N. Rasmussen: Les commissaires de la famille du PSE travaillent de fait énormément dans leurs différents domaines, même s’ils ne font pas toujours la une des journaux. Margot est en train de lancer son Plan D – démocratie, dialogue et débat – sur l’avenir de l’Europe, ce qui sera un exercice d’écoute avec la société civile, les partenaires sociaux, les parlements nationaux et les partis politiques. Ceci nous permettra de prendre du recul et de nous écouter les uns les autres sur ce que nous attendons de l’UE à l’avenir. Vladimir travaille également d’arrache-pied sur comment l’Europe peut relever les défis démographiques – pour un plus grand équilibre emploi-famille, etc. – et il présentera des propositions l’années prochaine en ce sens. N’oublions pas les autres commissaires de notre famille comme Peter Mandelson sur la Ronde de développement de Doha, Günther Verheugen, Danuta Hübner,  Joaquin Almunia et Laszlo Kovacs, qui travaillent avec les états membres pour générer plus de croissance et stimuler les entreprises en Europe. Nous essayons de leur apporter un soutien constructif. 

Paluckas: Well, there is a question raised "How can Socialists work together for a better Europe?". My question is can we work together at all. I am socialdemocrat from a new member state and in our party we feel lack of competence in european issues. Aren't we a burden for more experienced comrades?

P.N. Rasmussen: On the contrary, parties from the new member states have very much enriched the Party of European Socialists. A different dynamic has emerged in recent years. We welcomed these parties as members even before the 1 May 2004 enlargement. So the short answer to your question is that no they are not a burden, they make invaluable contributions and are the heart of the work of the PES.

Chourka : N'y a-t-il pas contradiction entre les partis membres du PSE et le PSE lui-même ? En effet, lorsque les premiers demandent de manière contradictoire "une autre Europe" ou "une Europe plus sociale" et simultanément refusent de laisser à l'Union le soin de légiférer sur le social (retraite, chômage…).

P.N. Rasmussen: Je ne vois pas de différence entre le PSE et ses partis membres. Nous sommes intrinsèquement liés. Le PSE constitue une base commune entre les partis membres et pour leur volonté commune d’œuvrer en faveur d’une vision et des politiques sociales-démocrates au niveau européen. Tous nos partis veulent plus d’Europe sociale et il y a de nombreuses façons d’y arriver à travers des efforts nationaux et européens. Notre initiative du PSE Pour une nouvelle Europe sociale se déroulera tout au long de l’année prochaine et permettra aux partis membres d’échanger des expériences et de discuter d’une direction commune.

Histrion : En tant qu'institution politique n'avez vous pas peur qu'un fédéralisme à l'américaine s'impose pour l'Europe aussi ? Avec ce que cela implique comme faible rôle d'un éventuel "gouvernement" européen, un libéralisme exacerbé, et l'apparition d'un bipartisme assez inerte ?

P.N. Rasmussen: Non, je n’ai pas du tout peur parce que ce n’est pas notre but en tant qu’organisation politique. Notre but en tant que tel est de créer une Europe qui appuie les efforts des états membres pour la construction de sociétés socialement plus justes qui puissent répondre aux défis posés par la mondialisation avec confiance. Les sociétés socialement cohésives s’adaptent aux changements et restent compétitives bien mieux que les sociétés où la pauvreté sévit et où les personnes n’atteignent pas leur plein potentiel. L’UE peut contribuer à mieux gérer la mondialisation et ses conséquences. Il est trompeur de parler d’un gouvernement européen. L’UE ne peut être comparée à d’autres systèmes de gouvernement dans le monde, parce qu’il n’y a rien d’autre de comparable : il s’agit de la forme la plus innovatrice et réussie d’intégration régionale jamais établie et nous devons la rendre encore plus efficace. 

Paluckas : Recently I've read a communicate from European Commision about tackling demographic problems in EU. Aren't these issues totally under competence of national states?

P.N. Rasmussen: Yes, the questions relating to the demographic challenges of ageing and population fall are primarily under national competence, but there is a real added-value in examining the question at European level because we are all facing the same challenge. The key question is: can we learn from each other and help each other face this common challenge? The EU can play a role by providing structured coordination to this mutual learning and encouraging mutually reinforcing efforts.

Simon PL: How real the common European socialdemocratic policy on Europe and its future is possible if there are a lot of differences among member parties themselves? Let’s give the example of French PS on the so called European Constitution… 

P.N. Rasmussen: There will always be differences and this is the richness of the socialist family. We should not be afraid of debate or having different views. But at the same time, we share the same values and principles. And we know that we are stronger when we speak with one voice. The PES is embarked on a long journey in which European politics are becoming more and more important. Together with strong member parties in every member states, the PES can make a difference. This is what we all want to achieve.

Gintautas: Liberals consider Social Europe as main threat to competitiveness and economic growth, is it possible that we have not enough of social security and that's why we have competitiveness problems and other one's (like in France)?

P.N. Rasmussen: Social Europe is an essential component of the European model and is not at all an obstacle to competitiveness.  In light of globalisation we must however reform our models.  We are for structural reforms but the right ones and what we need to do is to properly combine flexibility with security.  We need to equip everyone with the right training and right skills so that changing jobs is easier.  More investment in education, lifelong learning, childcare facilities among others is essential.

Gintautas: In Vienna PES introduced a notion of 'PES activist'. It is a very important initiative, but haven't you considered further steps, like PES trainee with scholarship and so on...?

P.N. Rasmussen: As you say the launch of the PES Activist early next year will be a very important initiative. We could always go further, but our goal is to implement well the mandate that we received from the member parties in Vienna.

Boris: Could PES invest in the education of its young members who could be basement for renewal of parties in some countries?

P.N. Rasmussen: Yes, we do so! The PES is enjoying an excellent relation with its youth organisation, ECOSY, with whom we work closely.

AndreaP: Do you agree that this great ideological debate about 'the Future of Europe' as captured pro-Europeans' attention for too long now to the detriment of the real work the Union does? If so, then what practical steps can we take to make the connection to Brussels on a more realistic level?

P.N. Rasmussen: Europe seems to work best when it has a ‘big idea’ to work to – the single market, the single currency, enlargement etc. But the ‘big idea’ has to be in the direction that people want. The European Union can connect better to people when it talks about the things that matter. People today are worried about the future – their jobs, globalisation, Europe’s economy and social protection. For me connecting Europe to people is about providing answers to how we can combine modernising our welfare states, becoming more competitive in the global economy world and creating new and better jobs. This is a big challenge, but we have to face it. This is why we are launching a major debate in a New Social Europe.

Kévin: Bonjour, pensez-vous que la Turquie a vocation à entrer dans l'Union Européenne ?

P.N. Rasmussen: L’ouverture des négociations entre l’UE et la Turquie sur l’adhésion est le début d’une longue route. Le Conseil européen a décidé que l’Europe et la Turquie devaient faire le voyage ensemble, dont le but final serait l’adhésion de la Turquie à l’Union. Le Parti socialiste européen appuie les aspirations européennes de la Turquie et veut l’aider à arriver au bout du voyage. Une délégation du Groupe à haut niveau du PSE sur la Turquie a visité ce pays le 12 et 13 octobre 2005 et a rencontré bon nombre d’interlocuteurs. Nous savons que les forces progressistes et la société civile en Turquie – les syndicats, les organisations des droits de l’homme, les sociaux démocrates – voient l’entrée de la Turquie comme le meilleur moyen de garantir la démocratie, la liberté, les droits fondamentaux, la stabilité et la prospérité économique en Turquie. L’UE doit dire clairement à la Turquie qu’il n’y aura pas de double jeu. L’adhésion ne sera pas accordée automatiquement et la Turquie doit répondre à tous les critères. Les négociations ne portent pas sur quel critère la Turquie doit remplir ou pas. Les règles de l’adhésion sont claires et ne peuvent être changées. La Turquie ne doit pas considérer le processus de réformes comme une série de concessions faites à l’Union européenne. La Turquie doit lutter pour améliorer les droits de l’homme, la démocratie, l’état de droit, l’égalité de traitement des femmes et les droits des minorités parce qu’ils constituent des conditions sine qua non pour n’importe quelle société, indépendamment de son appartenance à l’UE. Les grandes réformes prendront du temps. Le résultat n’est pas garanti mais il est de notre intérêt commun que la Turquie trouve sa place en Europe.

PINCH009 : L'ENERGIE DOIT ELLE RESTER UN VRAI SERVICE PUBLIC

P.N. Rasmussen: Le PSE porte un grand intérêt à l’agenda pour les énergies renouvelables. Lors de notre Conseil de Vienne en juin 2005, nous avons adopté 7 priorités, dont l’une appelait à faire preuve de plus d’ambition en matière d’énergies renouvelables. Nous avons appelé à un effort commun de la Commission et des états membre afin de doubler l’objectif actuel de 12% de l’énergie totale produite provenant de sources renouvelables.

Kévin : L'idée d'un salaire minimum sur un plan européen est-elle possible, face aux inégalités entre les différents Etats ?

P.N. Rasmussen: Cette question relève de chacun des états membres. Il est vrai que les pays ont des structures économiques différentes et il n’est donc pas réaliste de créer un salaire minimum commun. Mais nous ferons tout notre possible pour éviter un nivellement vers le bas. C’est pourquoi le PSE a commencé à travailler sur le thème de notre Nouvelle Europe sociale.

Paul: Shouldn’t social policies be decided at national level, rather than being dictated by Brussels?

P.N. Rasmussen: Social policies are not dictated in Brussels!  Social policies are mainly decided at national level and the European dimension is complementary.  We need to ensure that both the national and European dimensions are coherent and inter related. 

Kévin: Peut-on dire aujourd'hui que l'idée d'Europe sociale a été une avancée pour les citoyens européens ?

P.N. Rasmussen: Oui, je crois que l’idée d’une Europe sociale a déjà été porteuse de progrès pour les citoyens européens. Elle suppose que l’UE est censée être plus qu’un simple marché unique. Elle est une union où il existe des droits et des normes pour les travailleurs et les citoyens. Nous avons une base juridique dans les traités de l’Union afin d’agir dans les affaires sociales et d’emploi au niveau européen, le cas échéant. Il existe des normes et pratiques qui s’appliquent dans toute l’UE et qui sont relatives au temps de travail, au dialogue social, à la lutte contre la discrimination, y compris 30 directives sociales et d’emploi pour défendre les droits des travailleurs et garantir de bonnes conditions de travail. Je crois que ce sont des avancées, mais bien sûr, on peut faire plus et mieux.

Gintautas : Isn't it a contradiction when EU issues 'work visas' for third country citizens and do not open their labour markets for new member states? UK's, Ireland's and Sweden's examples show that it is not a threat; it's an opportunity, isn't it?

P.N. Rasmussen: Enlargement is a unique opportunity for Europe.  It is a dream come true, we have east and west together!  The opening of the labour market is a national decision and member states need to assess the proper timing. 

Darik BG: Mr. Rasmussen, a question on behalf of Bulgarian National Darik radio. Before the elections in Bulgaria, the Bulgarian socialists - the biggest party at the coalition, which now rules Bulgaria, has promised to do its best to continue the exploitation of Bulgarian Nuclear Electricity Central in Kozlodui which according to the Treaty, already signed by Bulgarian government and EU has to be shut down until Bulgarian membership in EU. My question is – do the Bulgarian socialists have to keep their promises, re-considering the Treaty between the country and EU in the context of the Central in Kozlodui?

P.N. Rasmussen: The Accession Treaty is signed and already ratified by the Bulgarian National Assembly as well as by number of EU Member States' Parliaments. The Bulgarian socialists as well as the coalition government in Bulgaria have never had the intention to renegotiate this Treaty. On the contrary, they stated their firm will to fulfil all requirements and commitments. Regarding the Kozlodui Power Plant - a sensitive issue both for Bulgaria and the EU - I believe however that we should be prepared to view the closure dates for Units 3 and 4 flexibly until new generation capacity can come on stream in Bulgaria, without in any way compromising safety requirements, which remain an absolute priority, as stated in the Progress report.

Newcomer: do you think social Europe is possible with enlargement?

P.N. Rasmussen: We must conciliate deepening of Europe with enlargement.  Enlargement inevitably raises new challenges for social policy.  But look at the effort new member states did to incorporate the social policy acquis into their legislations?  This was and still is a huge effort! The European project is about Solidarity. Despite the differences, social policy is today a reality in the whole of the EU.  The PES is precisely undertaking an initiative to identify common ground and to put forward concrete measures on how to move forward.

Guy: How could Europe be more social?

P.N. Rasmussen: Guy, I think Europe could be more social by helping people out of poverty, out of unemployment, and into good work and a high quality of living. We still have a lot to do if you consider that there are 19 million unemployed in Europe and 68 million in poverty. We need a new deal between governments, trade unions and businesses in order to make Europe more social, and governments can play a leading role in making this happen. Our starting point must be active public policies, including coordinated intelligent public investments across the EU that stimulate private investments and generate jobs.

Totuus: How do you see the future of the agriculture in Europe? My grandparents had a small farm and they could in that time make a living for five children. Is it only the big farmers now who can survive? Do we still need to substitute them more than other workers...?

P.N. Rasmussen: The PES believes that we should manage the forces of globalisation so that the market becomes the servant of the people and not vice-versa. Changes in the agricultural sector have emerged in response to an increased rate of globalisation. We cannot shy away from this. As socialists and social democrats we have to enable people, if necessary, to move from one job to the next, from one sector to the next, in a new world of increased uncertainty. In these circumstances, the PES is a stanch proponent of active labour market policies, that is to say, re-skilling people to enable them to change jobs and overcome this insecurity.

Aleksander: Comment obtenir des Leaders et des partis-membres une coordination effective avant, pendant et après les "Sommets trimestriels des Leaders" ?

P.N. Rasmussen: Bonne question. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans les coulisses du PSE. La Présidence du PSE se réunit avec moi régulièrement, pour garantir une coordination constante entre nos partis. Nos « soldats de l’ombre » du secrétariat du PSE et des secrétariats internationaux de nos partis font un travail formidable de suivi pour chaque réunion des leaders et garantissent une coordination continue.

Aleksander : Why aren't we vote the orientation of the PES? That way, there will be a common majority position on different issues rather than a fake consensus without any implementations possible.

P.N. Rasmussen: Every 2 ½ years, the PES Congress meets and votes on the direction of the PES. We always try to reach consensus because in that way all parties feel fully part of our common decision. It is not about watered down consensus but strong consensus with content. If we do not find a consensus PES voting follows the voting established in the EC treaties on each policy area. The consensus we achieve on issues like the Lisbon Strategy is real and allows us to pursue a strong and united front at European level in order to influence the EU policy agenda.

Liliane : It’s often said that we need to get more women back to work, but how can that happen when there’s such little child care and so much discrimination in the workplace against women?

P.N. Rasmussen: The PES is committed to better conditions for women to enable them and their partners to balance work and family commitments. You are right that in some parts of Europe, childcare provision is in short supply and there still exists far too many cases of discrimination in the workplace. However, there is a mixed picture in Europe on this issue. Some member states have got the balance right. In Sweden and Denmark, childcare provision and parental leave provisions are very good indeed. Other member states have started to look to these countries for inspiration as to how to improve their situations. We have to push all member states to provide accessible and affordable childcare and ensure that anti-discrimination measures are enforced.

Jedisaime: quel candidat socialiste voyez-vous pour les élections présidentielles en France ?

P.N. Rasmussen: J’ai participé récemment au Congrès du PS français et suis très heureux de voir que le PS est arrivé à l’unité au Mans. Il reste encore pas mal de temps avant les présidentielles, et je suis sûr que le/la meilleur/e candidat/e sera choisi/e et l’emportera sur le candidat de la droite. Il vaut mieux avoir plusieurs candidats potentiels que pas du tout.

Moderate: Which country do you think is a bigger threat (or not) to the Social Europe? China or India?

P.N. Rasmussen: Globalisation is here to stay and therefore Europe must find the best way to strengthen and preserve its social model. We are glad that people are lift out of poverty India and China. We could not have a different approach to that. As social democrat we also want to see the living condition of the people be improved but also their working conditions. Therefore we support decent work for all, with workers rights, equal pay, collective bargaining. This is the key for a successful economic globalisation: the globalisation of social rights!

Samf: Mr. Rasmussen, do you think to get a more equitable world we need to cooperate with all the US-Democrats or the progressive wing of the Democrats? Why we don't see a close cooperation between the PES/ Socialist International and the progressive/left-wing democrats?

P.N. Rasmussen: I agree that we must join forces with progressives around the world in order to tackle common challenges and achieve a fairer global order. We do cooperate closely with the Socialist International and have an initiative called Global Progress with Democrats including Madeleine Albright and Tom Daschle. Global Progress is now working on how to promote decent work as a global objective.

Varanasi: membre du PS et signataire de la motion 3 (Utopia) le PSE pourrait il lancer le débat d'un REVENU  EUROPEEN  D'EXISTENCE , ce qui à mon sens, changerait complètement le rapport de forces Patronat, salariés.

P.N. Rasmussen: Le PSE vient de lancer une initiative sur l’Europe sociale où cette question et d’autres encore seront discutées et analysées. Dans ce cas précis, il revient aux états membres de prendre une décision. La plupart ont déjà une politique de revenu minimum garanti.

Samf : What do you think should be the cooperation between the PES and the Socialist International?

P.N. Rasmussen: The PES works closely with the Socialist International, which is the platform organisation of all socialist, social-democrat and labour parties in the world. I am convinced that the cooperation between the PES and SI reinforce each other with our respective role. We want SI to be strong all over the world and SI speaking with a strong voice on all international issues.

Kévin: Le chômage des jeunes et des plus de 50 ans ne marque-t-il pas les limites de la social-démocratie ?

P.N. Rasmussen: Vous oubliez le chômage des femmes ! Il s’agit de graves problèmes que nous devons résoudre en tant que sociaux-démocrates. Pour en sortir, regardons l’exemple des pays scandinaves : ceux-ci ont réussi à combiner flexibilité et sécurité. L’élément essentiel consiste à investir dans les personnes, leur formation et compétences afin de les préparer aux défis du 21ème siècle ! Plus d’investissements dans les garderies et crèches sont essentiels pour intégrer plus de femmes dans le marché du travail.

Joker: Une zone euro à géométrie variable (et sans Angleterre surtout)... Idem avec l'espace des frontières... Un traité qui n'est pas présenté à tous de la même manière... Comment construire une Europe socialiste si tant d'obstacles divisent même les socialistes entre eux ?

P.N. Rasmussen: L’UE a toujours survécu aux crises et je pense que nous sortirons de celle-ci aussi. Il s’agit de s’unir autour d’un objectif commun et de tenir nos promesses dans les domaines qui importent aux citoyens ordinaires. Tous les socialistes y croient. C’est pourquoi nous avons mis au point notre stratégie de croissance et d’investissement sous le titre « Agir ensemble et simultanément pour plus de croissance et d’emplois ». Ce n’est qu’en répondant aux préoccupations des gens ordinaires qui demandent plus d’emplois, de sécurité et de prospérité que nous arriverons à remettre l’UE sur la bonne voie.

Marco : pourquoi sanctionner les chômeurs et supprimer leurs indemnités?  Ils ne sont pas responsables de leur situation! Il faut créer des emplois pour tous.

P.N. Rasmussen: Bien sûr que les chômeurs ne sont pas responsables de leur situation. Le PSE est engagé en faveur du plein emploi de qualité, qui doit être une priorité pour l’Europe.  L’investissement dans les ressources humaines est un élément fondamental pour le changement. Par ailleurs, nous devons être capables de réformer nos modèles sociaux. L’Europe doit changer. Il ne s’agit de supprimer les droits de travailleurs mais tout simplement de permettre à chacun d’être mieux préparé et équipé face aux changements.

Moderate: You spoke about making alliances? With Communists, Greens, Liberals, Christian Democrats, regional parties?

P.N. Rasmussen: I mean alliances in the broad sense, rather than with one political group or the other. I think the mistake is to think that alliances for change can only made between politicians. On many issues, alliances must be sought with civil society, with trade unions, business, with ordinary people at the end of the day. National politics cannot be made in a vacuum, and nor can European politics.

Samf: please Mr. Rasmussen try to make more chats about other issues.

P.N. Rasmussen: I definitely will. All questions asked today were very interesting and there are many subjects I would like to debate with as many people as possible. Future chats will be advertised on the website.

Justin: Good afternoon i want to read something about your party and your theory. I read a Antony Giddens book but i would like to read something specific about your party your social politc economic project. Thank for the attention.

P.N. Rasmussen: Thanks for your interest. I can recommend the history of the PES which describes how we have developed as a party for a start. We have also launched a series of PES publications this year on different themes which explore the thinking and debate within the PES: so far you will find publications on Social Europe, meeting Europe’s demographic challenges and our growth and investment strategy. Our book on “Europe and a New Global Order” explains our social democratic approach on making globalisation fairer and establishing a better system of global governance. All of these can be found on the PES website. I hope you find these interesting!

Dd: Ne pensez vous pas que la constitution a manqué d'un volet social ?

P.N. Rasmussen: Il est vrai que durant la Convention, les débats socioéconomiques ont été ceux où on a malheureusement le moins avancé. Mais soyons clairs : parfois, la législation sociale européenne n’est tout simplement pas respectée par les états membres. Mais il est vrai que nous pouvons aller plus loin. Le PSE a lancé une initiative précisément pour définir comment avancer dans ce volet.

Becky : what is your opinion on the trade union and Labour party link? Should it be a formal affiliation or not? Other countries survive without such formality?

P.N. Rasmussen: The PES recognises that its member parties have different histories, structures and systems. The Labour party grew out of the trade union movement and this explains the formal links. Some of our member parties have formal links with trade unions, others do not. There is not and should not be a one-sized fits all approach.

 
<

Novembre 2008

>
L M M J V S D
27282930311- 2-
3- 4- 5- 6- 7- 8- 9-
10- 11- 12- 13- 14- 15- 16-
17- 18- 19- 20- 21- 22- 23-
24- 25- 26- 27- 28- 29- 30-
-
Manifesto 2009
Madrid 2008
internal links cliquez pour voir: Milit@nts du PSE cliquez pour voir: PSE newsletter