

Sans un engagement pour la démocratie et les droits de l'homme, la Tunisie ne peut se voir attribuer le siège de l'Union pour la Méditerranée
Le 29 avril 2008
Alors que le président Sarkozy s'est rendu en Tunisie, à qui il aurait l'intention de proposer d'accueillir le siège de l'Union pour la Méditerranée, le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen a déclaré:
“Si nous voulons que la démocratie et les droits de l'homme deviennent partie intégrante de l'Union pour la Méditerranée - et je crois que ces valeurs doivent l'être - alors la Tunisie est un bien piètre choix pour son siège. Je suis ouvert à toute proposition pour le siège de cette Union au sud ou à l'est de la Méditerranée mais la Tunisie ne s'est pas vraiment distinguée pour son respect de la liberté de presse et d'association ni des partis politiques de l'opposition que le régime soumet à un véritable harcèlement.”
“L'Union européenne est restée silencieuse pendant trop longtemps par rapport à la situation en Tunisie. Elle n'a pas formulé de demandes concrètes en vue d'un progrès démocratique. Elle semble avoir voulu garder le silence tant que le gouvernement tunisien réussissait à garder le pays sous contrôle. Telle semble avoir été la ligne de conduite de l'Union européenne non seulement vis-à-vis de la Tunisie mais aussi par rapport au reste de l'Afrique du Nord.”
“L'Union pour la Méditerranée doit être un instrument pour le changement. J'appelle la prochaine présidence française de l'UE à profiter de l'occasion pour faire de ce changement une réalité. Mon appel au président Sarkozy est qu'il propose un autre pays comme siège de l'Union méditerranéenne à moins que la Tunisie ne s'engage de façon sérieuse, concrète et déterminée à respecter la liberté de la presse et d'association et à promouvoir davantage la démocratie et les droits de l'homme.”
“L'Union européenne peut et doit encourager des avancées positives. La seule façon de le faire est d'en montrer les conséquences.”
Le siège de l'Union pour la Méditerranée devrait être choisi lors du Conseil européen de juillet, au début de la présidence française, avec la participation des chefs d'Etat et de gouvernement des pays méditerranéens.
Le premier cadre de coopération entre l'UE et la région méditerranéenne a été le 'processus de Barcelone' lancé en 1995 dans le but d'instaurer la paix et la démocratie à travers la région ainsi que de promouvoir des liens économiques et culturels plus étroits entre l'UE et les nations du pourtour méditerranéen. Le PSE considère que la proposition d'Union pour la Méditerranée doit être sous-tendu par les mêmes objectifs que ceux prévus par le processus de Barcelone a l'origine.



