Chantiers pour la social-démocratie
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Où en est l'altermondialisme ? - 14-01-2007 20:31:01 - Il faut être connecté pour poster un commentaire. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer ici
Je serai au 7e forum social mondial à Nairobi au Kenya dans quelques jours avec Harlem Désir, Henri Weber et Kader Arif. C'est l'occasion de dire un mot sur l'état de l'altermondialisme.
Il y a un contraste intéressant entre ce que les médias en disent, ce qu'on en perçoit, même en tant que militant socialiste et la réalité du mouvement. Si l'intérêt des médias pour la chose a beaucoup baissé, l'ampleur du mouvement n'a pas diminué d'autant. Au contraire, aujourd'hui, l'altermondialisme est bien installé dans le paysage et dans les esprits et si ATTAC a des soucis, l'altermondialisme ne se réduit pas à cette association qui, elle aussi a parcouru bien du chemin depuis sa fondation... Pas forcément dans le même sens, ni dans le bon sens.
Pour beaucoup d'entre nous, la notion de "mondialisation" a été évoquée dans les années 90 et le Parti socialiste avait organisé en 1996 une convention nationale sur le sujet. Le mot était devenu courant. Et puis en 1999, à Seattle, la chose a fait irruption sur la scène politique. On disait alors les "antimondialisation". Mais si les légendes sont tenaces, il faut restituer la vérité. La rencontre de l'Organisation mondiale du commerce qui se tenait alors fut moins perturbée par les manifestations que la fronde des pays du sud emmenés par le Brésil de Cardoso et l'Afrique du sud ainsi que l'Europe sur une idée simple. Les relations commerciales doivent avoir des règles justes pour tous le monde ; le développement ou le profit de l'économie de certains pays ne doit pas se faire au détriment des autres.
Mais l'émergence du mouvement avec la figure emblématique d'ATTAC - à l'époque, tout le monde se faisait fort d'y adhérer ou d'en suivre les travaux. Beaucoup à gauche adhérèrent à l'idée de la Taxe Tobin.
Puis à côté des G7 puis G8, des sommets de Davos et de l'OMC, on organisa des contre-sommets ou des forums sociaux mondiaux ou locaux. grands messes des "alter". Syndicats, partis, ONG, églises, associations, réseaux, simples militants... Tout ce que la terre porte de structures plus ou moins organisées se retrouvait dans la ville de Porto Alegre, laboratoire de la démocratie participative, alors tenue par le Parti des travailleurs de Lula dont la victoire à la présidentielle fut la démonstration que les réussites étaient possibles.
Depuis, les slogans "le monde n'est pas une marchandise" ou "un autre monde est possible" sont passés à la postérité. Les médias se sont passionnés pour les faucheurs volontaires et la lutte contre les OGM. José Bové est devenu une vraie célébrité, mais sa difficulté à s'imposer dans le champ politique démontre la faiblesse structurelle de ce mouvement. Les tentatives d'instrumentalisation par la LCR ou certains courants du PCF ont échoué notamment parce que les acteurs principaux de l'altermondialisme ne sont pas dans la défiance à l'égard de la politique et notamment de la social-démocratie. Ils ne peuvent se permettre d'être sectaires en actes alors qu'ils sont unitaires en paroles. D'ailleurs, quand on travaille avec les acteurs principaux de ce mouvement que sont les ONG, elles ne sont pas dans la défiance, mais dans la recherche d'une écoute de la part des organisations politiques. Il y a donc tout intérêt à ne pas considérer l'altermondialisme comme un repère de doux rêveurs gauchistes hostiles à la social-démocratie...
Le mouvement doit trouver des débouchés politiques et seule la gauche de gouvernement peut les proposer à condition qu'elle les écoute et que tout le monde participe à l'élaboration des alternatives.
L'altermondialisme - l'usage même du mot démontre une prise de conscience qui a conduit les gens à saisir que la mondialisation il ne fallait pas la combattre, mais la domestiquer a déjà remporté quelques batailles. La plupart des gens voient maintenant que la planète doit être protégée et que la production quand elle se fait par le pillage, produit la pauvreté et les guerres. Mais, désormais ce sont les organisations gouvernementales qui doivent bouger.
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