Chantiers pour la social-démocratie
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L’internationalisme commence par l’Europe - 28-11-2007 15:03:00 - Il faut être connecté pour poster un commentaire. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer ici
Sur les cartes d’adhérent des socialistes français, il y a, à côté du poing et la rose, le logo du PSE. C’est dire qu’en adhérant au Parti socialiste, on devient membre du PSE. Mais jusqu’à l’année dernière, cela ne recouvrait aucune réalité. Le PSE était un « parti de partis » et seuls, quelques dirigeants allaient dans des réunions internationales avec d’autres dirigeants qui n’avaient rien des réunions d’une « Internationale ouvrière » où chacun parle dans sa langue et où l’on vote avec enthousiasme des résolutions intraduisibles, persuadé qu’on chacun représente le prolétariat organisé de son pays mais avec enthousiasme parce qu’on est assis entre un camarade belge et un autre qui représente les camarades américains !
L’internationalisme que l’on vante comme une des valeurs essentielles de la gauche, on ne s’en souvient que dans les textes de congrès.
Mais aujourd’hui, dans la pratique, avouons-le, cela n’existe pas tellement. Le rapport du Parti socialiste aux questions internationales a beaucoup changé avec l’exercice du pouvoir. On aborde plus les choses d’un point de vue des relations internationales que d’un point de vue « internationaliste ». D’ailleurs, on sait que dans l’Internationale socialiste, il y a des choses surprenantes quand on sait que le parti de Lula n’y est pas alors que celui de Ben Ali y est ! Le comité d’éthique de l’IS, présidé par Pierre Moscovici a commencé à se pencher sur la question, mais, c’est un travail ardu depuis que la « realpolitik » existe même dans la gauche.
Certes, le monde est devenu complexe, mais il n’y a plus de pratique socialiste des relations entre partis ou entre pays. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir comment on se positionne sur la Russie, Poutine, la Tchétchénie d’un côté et de l’autre, Chavez ou Morales…
Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi.
Rappelons que c’est aussi sous la pression de l’Internationale et en particulier de la social-démocrate allemande qui la dominait alors que les socialistes français se sont réunis pour former la SFIO.
Dans les années 70, militer au PS cela signifiait côtoyer des camarades espagnols, portugais, chiliens ou grecs présents en France pour des raisons douloureuses.
On se rappelle du congrès du PSOE à Suresnes en 1974. Congrès de rénovation, il se tient en présence de François Mitterrand et Willy Brandt. Il voit l’avènement de la jeune génération emmenée par Felipe Gonzalez, ouvrant la voie à la reconquête du pouvoir douze ans plus tard pour quatorze années décisives qui changèrent profondément l’Espagne.
On se souvient de l’amitié personnelle entre Mitterrand et Soares ou entre Mitterrand et Andreas Panpandreou – le PS et le PASOK parvenant au pouvoir à quelques mois d’intervalle en 1981…
Qui se rappelle qu’en 1973, des dirigeants socialistes sont parti à Santiago pour aider à « sortir » des camarades chiliens après le coup d’état de Pinochet !
Depuis, les choses ont changé. Les organisations qui ont précédé le PSE étaient fréquentées par de hautes figures qui avaient connu des moments tragiques de l’Histoire, certaines ont marqué pour longtemps le mouvement social-démocrate européen comme Olof Palme ou Bruno Kreisky.
Chacun se souvient de ce qui restera dans son histoire peut-être, comme « l’Occasion manquée », quand la majorité de l’Europe était gouvernée par les sociaux-démocrates et où la seule initiative qui exista fut la proclamation de la fameuse « Troisième voie » de Blair et du Nouveau centre de Schröder.
Tirant les conséquences de cette époque, la présidence de Rasmussen a constitué un progrès car le PSE a compris qu’il ne pouvait plus être qu’un parti de partis dont l’ambition politique serait toujours retenue par le désintérêt que cause la place des enjeux nationaux qui étouffent le reste, que le sentiment d’appartenance à cet ensemble qu’était l’Europe devait trouver un débouché organisationnel plus durable que les manifestations contre la guerre en Irak ou les forums sociaux ou les contre sommets.
Bref, puisqu’ils existaient des socialistes européens – ou plus précisément, européistes – qu’ils se revendiquaient comme tels, il ne fallait pas s’arrêter à la coordination des directions politiques, mais aller jusqu’à l’organisation de la base.
Dès lors, il y avait deux manières d’aborder le problème. Soit d’un point de vue de l’organisation : quelle articulation entre « la base » et le sommet ? Quelle importance accorder au militant dans une prise de décision sur laquelle tel ancien premier ministre a plus de prise ? Soit d’un point de vue de l’action politique : le PSE n’est pas le parti démocrate américain, avec lequel du reste, il espère créer des points de convergence : il n’existe pas qu’au moment des élections et au Parlement. Il prétend avoir une vie ailleurs qu’à Bruxelles plus fréquente que tous les cinq ans.
Les Français ont été à la pointe du combat pour l’évolution du PSE vers un parti d’adhérents et de militants. Alain Richard a régulièrement plaidé cette cause en tant que vice-président.
Le PSE a lancé l’initiative il y a un an des « PES activists », des militants du PSE. Il s’agit de promouvoir le débat européen dans tous le pays de l’Union, de renforcer l’attention sur les élections. Par exemple, à l’occasion des élections en Pologne, les militants du PSE organisèrent la campagne en faveur du LiD auprès de la communauté polonaise de France. Ce ne sont pas des actions de masse pour le moment, mais ce n’est qu’un début.
Déjà, des militants du PSE avaient participé au congrès de Porto. Désormais, tous les militants des trente partis membres du PSE ont leur mot à dire sur le programme des sociaux-démocrates lors de prochaines élections européennes en 2009. Ce Manifeste va s’élaborer à la base dans une première phase, jusqu’en juin. Il est possible de contribuer en ligne sur le site ad hoc : Manifesto2009.pes.org et de prendre des initiatives comme des groupes de travail par exemple. La voix des militants du PSE de France est déjà connue, il faudra renforcer cette action. Alors l’internationalisme et l’européisme que nous confessons tous, aura du sens. Car l’Europe politique, sociale et juste, c’est l’affaire de tous.
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