Chantiers pour la social-démocratie
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Le Parti démocrate vu de France - 15-10-2007 17:30:25 - Il faut être connecté pour poster un commentaire. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer ici
Le Parti démocrate vu de France
Pour les Français en général, et la gauche française en particulier, la scène politique italienne est assez proche, mais plus complexe. La foule de petits partis, les scissions sans cesse et les gouvernements, comme le dernier, qui compte plus de cent membres, cela donne un peu le tournis. Pourtant, la recomposition de la gauche italienne amorcée il y a quinze a donné des résultats sur lesquels il faut méditer.
En comparant ce qui est comparable, le PCF et le PCI furent les deux plus grands partis communistes d’Europe de l’Ouest. Mais si le premier s’est entêté dans son stalinisme, le deuxième a su très tôt développer son autonomie et prendre ses distances avec Moscou. Les deux partis se sont par ailleurs parfaitement fondu dans l’environnement de leurs pays respectifs au point que ni l’Union de la gauche, ni le Compromis historique n’inquiétèrent les gens sérieux à droite. Localement, l’ancrage du PC a sérieusement concurrencé le poids de l’Eglise catholique parfois, il s’y est substitué.
Sous cette emprise et face à une droite ou une démocratie chrétienne, les partis communistes furent longtemps très dominants à gauche, coinçant les partis socialistes dans des situations d’alliances de gouvernement. A l’inverse de la France, le Parti socialiste, a n’a jamais été durablement écarté du pouvoir. D’ailleurs, mal lui en a pris si on peut dire puisque le PSI ne fut même pas le bénéficiaire de la Chute du Mur car, il fut pris dans des affaires de corruption et force est de constater que ce sont les anciens communistes du PCI qui ont réalisé la mue de la gauche italienne pour former le centre gauche avec DS dans un premier temps et, depuis quelques jours donc, le Partito democratico.
Nous vivons dans une époque paradoxale. D’un côté, l’affaiblissement des clivages entre la droite et la gauche et la volonté de converger sur des « valeurs communes » de plus en plus nombreuses. La droite ne veut plus être le camp des conservateurs et des patrons, donc elle se pique de faire du social et la gauche veut être « réaliste » et « moderne » et donc, elle n’oppose pas toujours quelque chose de conséquent face au libéralisme économique, voire, elle lui cède. Car l’autre partie de ce paradoxe c’est précisément la radicalisation de la droite libérale qui remet en cause tous les acquis sociaux obtenus depuis la fin du 19e siècle.
Cela se traduit, dans l’émergence du Parti démocrate par le débat sur l’adhésion au PSE. Celui-ci a changé ses statuts pour accueillir les « démocrates » en plus des travaillistes, des socialistes et des sociaux-démocrates, mais dans le nouveau PD, il y a des gens qui ne veulent pas adhérer au PSE et qui resteront au PPE ou chez les centristes. On rétorquera que ce n’est pas au Parlement européen que les clivages sont les plus marqués, mais sur la scène nationale, on confinera à la schizophrénie !
Autant faut-il saluer la formation d’un grand parti de toute la gauche italienne, autant faut-il qu’il se trouve une cohérence qui soit autre qu’électorale, autre chose que la tentative de consolidation de la majorité de Romano Prodi.
Il faut continuer ce travail de construction politique, qui n’a de sens que si cela s’accompagne d’un aggiornamento théorique et pratique en cohérence avec notre projet européen.
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