Chantiers pour la social-démocratie
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Entre deux tours en France - 26-04-2007 12:32:53 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Après le premier tour de l'élection présidentielle française, le décor qui est planté là semble plus net que jamais. Une droite plus dure et plus forte que jamais. Une gauche plus rassemblée que jamais, qui doit réussir à faire mentir l'implacable vérité des chiffres, dans un pays plus mobilisé que jamais.
Ségolène Royal a donc refermé la douloureuse page du 21 avril en réussissant à se qualifier pour le deuxième tour. A bien des égards, la schizophrénie ne doit pas l'emporter. Le but n'était pas simplement de passer le cap du premier tour. Maintenant, il faut transformer l'essai.
La levée en masse des électeurs est une bonne nouvelle pour la démocratie. Il convient de faire vivre cette flamme au-delà du 6 mai d'ailleurs. Le vote Bayrou a perturbé autant le jeu que l'intéressé, voire même plus. Celui-ci est s'est enfermé dans un piège. Les électeurs croient toujours qu'il y a une différence entre la gauche et la droite. Ils se méfient autant des extrêmes que des hérétiques qui hier encore étaient dans l'orthodoxie.
L'aventure Bayrou est finie momentanément. Il se contredirait en ralliant Sarkozy, il se banaliserait en faisant tout autre chose. D'ailleurs, la base de l'UDF et ses élus regardent ailleurs. Au soir du 22 avril, ils n'ont qu'une chose en tête : se maintenir en juin prochain !
Le Front national a encore fait les frais de la lepénisation. Dans les 30 % de Sarkozy, il n'y a pas que du bleu, il y a aussi du brun. Avec un sol qui s'est dérobé sous ses pieds, que fera Le Pen ? assigner à sa fille la mission de rendre crédible demain une majorité bleue marine avec un FN évoluant à la Fini en force d'appoint de l'UMP ? Trop tôt pour le dire.
Quant à Sarkozy, il entre dans l'Histoire politique de ce pays par la grande porte. Jamais on a eu un candidat aussi nettement à droite dans sa campagne. Donner à l'UMP une puissance de feu plus grande que le RPR est à noter. C'est dire si on doit s'attendre à des années de plomb s'il gagne.
Et la gauche dans tout ça ?
Les socialistes sont réconfortés d'être dans un pays qui est retombé sur ses pieds. Ouf ! Ils sont au deuxième tour. Ca tombe bien, car en face, le sarkozysme a montré sa vraie nature, la synthèse que personne n'aurait osé entre les deux candidats du 5 mai 2002. Du néo-gaullisme au lepénisme, Sarkozy va tenter de réussir ce que la droite avait essayé sans succès il y a vingt ans : importer en France, la révolution conservatrice reagano-thatchérienne.
Les forces de gauche sont dispersées et harassées. Nous constations récemment que les alliés traditionnels de la gauche étaient faibles avec un parti vert groupusculaire et un parti communiste crépusculaire, les urnes confirment ce constat, faisant de la LCR, la deuxième force de la gauche, limitant d'emblée les perspectives de rassemblement. Nul doute qu'il faudra battre Sarkozy dans la rue, mais il faut d'abord le faire dans les urnes. Une seule solution, en votant pour Ségolène Royal.
Il faut saluer le sursaut unitaire qui a traversé cette gauche si souvent véhémente à l'égard de la social-démocratie. Serait-ce la petite mort du gauchisme ce soir un mois après le 22 mars ? Probablement pas.
Alors que faire ?
Avec un candidat clairement à droite qui devra faire en quinze jours ce qu'il a défait en cinq ans, il faut une candidate de gauche qui devra donner en quinze jours un avant-goût de ce qu'elle fera pendant cinq ans. Elle doit incarner la gauche dans ses nuances et ses sensibilités. Montrer en quoi la gauche et la France peuvent mutuellement s'épouser. Ségolène Royal doit faire un chemin inverse à celui de Jospin dans son rapport à la présidence. Lionel, en sportif, voulait "se faire Chirac", mais il ne désirait pas la présidence car finalement, ça n'était pas sa culture. Nul doute que Ségolène Royal, "y pense" à la présidence, mais elle doit souhaiter "se faire" Sarkozy. Au nom de toutes les libertés... Elle doit aussi, dans son analyse ne pas accorder une part trop grande à son propre mérite car désormais, il faut une campagne qui enflamme tout le pays et pour ça, on aura besoin de tout le monde. Désormais, il faut voir grand. Nous partons à la conquête du pays pour la justice et l'égalité.
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