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Chantiers pour la social-démocratie
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Written by Pierre Kanuty
CV : I’m 34 and I live in Paris, France where I work as a web journalist and communication advisor for the Socialist party since 2002. I studied history and political science and during my studies, I joined the most important students union of the country, before joining the socialist party in 1995.
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L’internationalisme commence par l’Europe - 28-11-2007 15:03:00 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Sur les cartes d’adhérent des socialistes français, il y a, à côté du poing et la rose, le logo du PSE. C’est dire qu’en adhérant au Parti socialiste, on devient membre du PSE. Mais jusqu’à l’année dernière, cela ne recouvrait aucune réalité. Le PSE était un « parti de partis » et seuls, quelques dirigeants allaient dans des réunions internationales avec d’autres dirigeants qui n’avaient rien des réunions d’une « Internationale ouvrière » où chacun parle dans sa langue et où l’on vote avec enthousiasme des résolutions intraduisibles, persuadé qu’on chacun représente le prolétariat organisé de son pays mais avec enthousiasme parce qu’on est assis entre un camarade belge et un autre qui représente les camarades américains !
L’internationalisme que l’on vante comme une des valeurs essentielles de la gauche, on ne s’en souvient que dans les textes de congrès.
Mais aujourd’hui, dans la pratique, avouons-le, cela n’existe pas tellement. Le rapport du Parti socialiste aux questions internationales a beaucoup changé avec l’exercice du pouvoir. On aborde plus les choses d’un point de vue des relations internationales que d’un point de vue « internationaliste ». D’ailleurs, on sait que dans l’Internationale socialiste, il y a des choses surprenantes quand on sait que le parti de Lula n’y est pas alors que celui de Ben Ali y est ! Le comité d’éthique de l’IS, présidé par Pierre Moscovici a commencé à se pencher sur la question, mais, c’est un travail ardu depuis que la « realpolitik » existe même dans la gauche.
Certes, le monde est devenu complexe, mais il n’y a plus de pratique socialiste des relations entre partis ou entre pays. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir comment on se positionne sur la Russie, Poutine, la Tchétchénie d’un côté et de l’autre, Chavez ou Morales…
Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi.
Rappelons que c’est aussi sous la pression de l’Internationale et en particulier de la social-démocrate allemande qui la dominait alors que les socialistes français se sont réunis pour former la SFIO.
Dans les années 70, militer au PS cela signifiait côtoyer des camarades espagnols, portugais, chiliens ou grecs présents en France pour des raisons douloureuses.
On se rappelle du congrès du PSOE à Suresnes en 1974. Congrès de rénovation, il se tient en présence de François Mitterrand et Willy Brandt. Il voit l’avènement de la jeune génération emmenée par Felipe Gonzalez, ouvrant la voie à la reconquête du pouvoir douze ans plus tard pour quatorze années décisives qui changèrent profondément l’Espagne.
On se souvient de l’amitié personnelle entre Mitterrand et Soares ou entre Mitterrand et Andreas Panpandreou – le PS et le PASOK parvenant au pouvoir à quelques mois d’intervalle en 1981…
Qui se rappelle qu’en 1973, des dirigeants socialistes sont parti à Santiago pour aider à « sortir » des camarades chiliens après le coup d’état de Pinochet !
Depuis, les choses ont changé. Les organisations qui ont précédé le PSE étaient fréquentées par de hautes figures qui avaient connu des moments tragiques de l’Histoire, certaines ont marqué pour longtemps le mouvement social-démocrate européen comme Olof Palme ou Bruno Kreisky.
Chacun se souvient de ce qui restera dans son histoire peut-être, comme « l’Occasion manquée », quand la majorité de l’Europe était gouvernée par les sociaux-démocrates et où la seule initiative qui exista fut la proclamation de la fameuse « Troisième voie » de Blair et du Nouveau centre de Schröder.
Tirant les conséquences de cette époque, la présidence de Rasmussen a constitué un progrès car le PSE a compris qu’il ne pouvait plus être qu’un parti de partis dont l’ambition politique serait toujours retenue par le désintérêt que cause la place des enjeux nationaux qui étouffent le reste, que le sentiment d’appartenance à cet ensemble qu’était l’Europe devait trouver un débouché organisationnel plus durable que les manifestations contre la guerre en Irak ou les forums sociaux ou les contre sommets.
Bref, puisqu’ils existaient des socialistes européens – ou plus précisément, européistes – qu’ils se revendiquaient comme tels, il ne fallait pas s’arrêter à la coordination des directions politiques, mais aller jusqu’à l’organisation de la base.
Dès lors, il y avait deux manières d’aborder le problème. Soit d’un point de vue de l’organisation : quelle articulation entre « la base » et le sommet ? Quelle importance accorder au militant dans une prise de décision sur laquelle tel ancien premier ministre a plus de prise ? Soit d’un point de vue de l’action politique : le PSE n’est pas le parti démocrate américain, avec lequel du reste, il espère créer des points de convergence : il n’existe pas qu’au moment des élections et au Parlement. Il prétend avoir une vie ailleurs qu’à Bruxelles plus fréquente que tous les cinq ans.
Les Français ont été à la pointe du combat pour l’évolution du PSE vers un parti d’adhérents et de militants. Alain Richard a régulièrement plaidé cette cause en tant que vice-président.
Le PSE a lancé l’initiative il y a un an des « PES activists », des militants du PSE. Il s’agit de promouvoir le débat européen dans tous le pays de l’Union, de renforcer l’attention sur les élections. Par exemple, à l’occasion des élections en Pologne, les militants du PSE organisèrent la campagne en faveur du LiD auprès de la communauté polonaise de France. Ce ne sont pas des actions de masse pour le moment, mais ce n’est qu’un début.
Déjà, des militants du PSE avaient participé au congrès de Porto. Désormais, tous les militants des trente partis membres du PSE ont leur mot à dire sur le programme des sociaux-démocrates lors de prochaines élections européennes en 2009. Ce Manifeste va s’élaborer à la base dans une première phase, jusqu’en juin. Il est possible de contribuer en ligne sur le site ad hoc : Manifesto2009.pes.org et de prendre des initiatives comme des groupes de travail par exemple. La voix des militants du PSE de France est déjà connue, il faudra renforcer cette action. Alors l’internationalisme et l’européisme que nous confessons tous, aura du sens. Car l’Europe politique, sociale et juste, c’est l’affaire de tous. -
Le Parti démocrate vu de France - 15-10-2007 17:30:25 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le Parti démocrate vu de France
Pour les Français en général, et la gauche française en particulier, la scène politique italienne est assez proche, mais plus complexe. La foule de petits partis, les scissions sans cesse et les gouvernements, comme le dernier, qui compte plus de cent membres, cela donne un peu le tournis. Pourtant, la recomposition de la gauche italienne amorcée il y a quinze a donné des résultats sur lesquels il faut méditer.
En comparant ce qui est comparable, le PCF et le PCI furent les deux plus grands partis communistes d’Europe de l’Ouest. Mais si le premier s’est entêté dans son stalinisme, le deuxième a su très tôt développer son autonomie et prendre ses distances avec Moscou. Les deux partis se sont par ailleurs parfaitement fondu dans l’environnement de leurs pays respectifs au point que ni l’Union de la gauche, ni le Compromis historique n’inquiétèrent les gens sérieux à droite. Localement, l’ancrage du PC a sérieusement concurrencé le poids de l’Eglise catholique parfois, il s’y est substitué.
Sous cette emprise et face à une droite ou une démocratie chrétienne, les partis communistes furent longtemps très dominants à gauche, coinçant les partis socialistes dans des situations d’alliances de gouvernement. A l’inverse de la France, le Parti socialiste, a n’a jamais été durablement écarté du pouvoir. D’ailleurs, mal lui en a pris si on peut dire puisque le PSI ne fut même pas le bénéficiaire de la Chute du Mur car, il fut pris dans des affaires de corruption et force est de constater que ce sont les anciens communistes du PCI qui ont réalisé la mue de la gauche italienne pour former le centre gauche avec DS dans un premier temps et, depuis quelques jours donc, le Partito democratico.
Nous vivons dans une époque paradoxale. D’un côté, l’affaiblissement des clivages entre la droite et la gauche et la volonté de converger sur des « valeurs communes » de plus en plus nombreuses. La droite ne veut plus être le camp des conservateurs et des patrons, donc elle se pique de faire du social et la gauche veut être « réaliste » et « moderne » et donc, elle n’oppose pas toujours quelque chose de conséquent face au libéralisme économique, voire, elle lui cède. Car l’autre partie de ce paradoxe c’est précisément la radicalisation de la droite libérale qui remet en cause tous les acquis sociaux obtenus depuis la fin du 19e siècle.
Cela se traduit, dans l’émergence du Parti démocrate par le débat sur l’adhésion au PSE. Celui-ci a changé ses statuts pour accueillir les « démocrates » en plus des travaillistes, des socialistes et des sociaux-démocrates, mais dans le nouveau PD, il y a des gens qui ne veulent pas adhérer au PSE et qui resteront au PPE ou chez les centristes. On rétorquera que ce n’est pas au Parlement européen que les clivages sont les plus marqués, mais sur la scène nationale, on confinera à la schizophrénie !
Autant faut-il saluer la formation d’un grand parti de toute la gauche italienne, autant faut-il qu’il se trouve une cohérence qui soit autre qu’électorale, autre chose que la tentative de consolidation de la majorité de Romano Prodi.
Il faut continuer ce travail de construction politique, qui n’a de sens que si cela s’accompagne d’un aggiornamento théorique et pratique en cohérence avec notre projet européen. -
La social-démocratie en question - 01-10-2007 11:39:39 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Jean-Luc Mélenchon est un dirigeant socialiste qui appartient à ce qu'on appelle "trompeusement", "l'aile gauche" du PS. Il a en effet toujours souhaité créer un pôle de radicalité allant des socialistes aux trotskistes en passant par les écologistes et les communistes.
Il vient d'écrire un livre sur le bilan de la social-démocratie en Europe dont il juge que lorsqu'elle n'a pas échoué, elle a trahi. Ce travail a le mérite d'être une des rares analyses de la gauche européenne par le menu. Bien sûr, pour nourrir sa thèse, il pratique la mémoire sélective, mais à l'heure où on pense qu'il faut la renouveler, on est bien obligé de constater que notamment dans les pays où elle fut dominante comme la Suède ou l'Allemagne, nos camarades sont en pleine phase de réflexion...
Parfois, la critique est stimulante. C'est le cas. Le renouveau de la social-démocratie européenne passe probablement par une réactivation du clivage droite-gauche par delà les traditions locales et surtout par une autre prise en compte du reste du monde car, les expériences sud-américaines ou sud-africaines sont riches d'enseignement... -
Politique étrangère : la chiraquisation de Sarkozy - 28-09-2007 11:48:21 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le discours de Nicolas Sarkozy rappelle celui de Chirac à Johannesburg sur « la maison qui brûle » Il est dans la tradition universaliste française qui consiste à énoncer de grands principes sur la justice, la lutte contre la pauvreté ou encore la nécessité de « moraliser le capitalisme financier ». La prise en compte de la dimension écologique est une bonne chose, mais il faut passer des discours aux actes et évoluer vers une diplomatie plus multilatéraliste, c’est-à-dire que la France prenne en compte les Nations Unies car pour le moment, depuis son arrivée au pouvoir, une très grande partie de l’activité du président a été de multiplier les signes en faveur de l’administration Bush.
La vraie rupture avec la diplomatie de Jacques Chirac serait de passer aux choses concrètes. Sinon, ce serait du chiraquisme jusqu’au bout : des discours et rien derrière.
Appeler de ses vœux un New deal écologique va dans le bon sens à condition que l’on s’adresse aussi aux Etats-Unis qui sont le principal opposant à ce New deal par leur refus de ratifier le protocole de Kyoto.
Sur la question du nucléaire, Sarkozy veut exporter du nucléaire dans un objectif commercial. Mais a-t-on les garanties que le programme de développement de nucléaire civil ne permette pas d’évoluer vers le nucléaire militaire ?
A l'heure où la diplomatie française s'atlantise, il y a un danger que l'arrogance française nuise à l'Europe... -
Bonne chance Georges ! - 15-09-2007 12:17:37 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Demain dimanche, grosse journée pour la gauche. La fête de l'Huma en France regroupera, à l'initiative des communistes, des forces de gauche - François Hollande y participe - pour penser la riposte contre la droite et les conditions de la reconquête.
En Grèce, on vote. Caramanlis a voulu des élections anticiper pour passer à des réformes qui s'annoncent douloureuses pour un pays qui s'est enrichi, mais où les écarts se sont creusés. Verra-t-on un scénario à l'espagnole où la popularité du gouvernement est finalement partie en fumée à cause des incendies de l'été conduit à une victoire inespérée de la gauche ?
En tout cas, seul le PASOK peut faire rimer croissance et justice sociale... -
Le nouveau combat de Geremek - 27-04-2007 12:41:31 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
On pouvait penser que la Pologne tournerait la page du totalitarisme stalinien en résistant aux sirènes du totaliratisme fascisant. Eh bien non. Nos camarades du SLD ainsi que d'autres formations de gauche ou du centre sont désormais la cible d'une chasse aux sorcières ignobles conduite par le gouvernement Kazcyniski dont le parti, Droit et Justice n'a du droit et de la justice que le nom ! C'est un scandale.
Il faut soutenir les démocrates polonais comme Bronislaw Geremek dont l'aura en Europe en font de hautes figures morales du combat pour la liberté.



