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Chantiers pour la social-démocratie
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Written by Pierre Kanuty
CV : I’m 34 and I live in Paris, France where I work as a web journalist and communication advisor for the Socialist party since 2002. I studied history and political science and during my studies, I joined the most important students union of the country, before joining the socialist party in 1995.
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L’internationalisme commence par l’Europe - 28-11-2007 15:03:00 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Sur les cartes d’adhérent des socialistes français, il y a, à côté du poing et la rose, le logo du PSE. C’est dire qu’en adhérant au Parti socialiste, on devient membre du PSE. Mais jusqu’à l’année dernière, cela ne recouvrait aucune réalité. Le PSE était un « parti de partis » et seuls, quelques dirigeants allaient dans des réunions internationales avec d’autres dirigeants qui n’avaient rien des réunions d’une « Internationale ouvrière » où chacun parle dans sa langue et où l’on vote avec enthousiasme des résolutions intraduisibles, persuadé qu’on chacun représente le prolétariat organisé de son pays mais avec enthousiasme parce qu’on est assis entre un camarade belge et un autre qui représente les camarades américains !
L’internationalisme que l’on vante comme une des valeurs essentielles de la gauche, on ne s’en souvient que dans les textes de congrès.
Mais aujourd’hui, dans la pratique, avouons-le, cela n’existe pas tellement. Le rapport du Parti socialiste aux questions internationales a beaucoup changé avec l’exercice du pouvoir. On aborde plus les choses d’un point de vue des relations internationales que d’un point de vue « internationaliste ». D’ailleurs, on sait que dans l’Internationale socialiste, il y a des choses surprenantes quand on sait que le parti de Lula n’y est pas alors que celui de Ben Ali y est ! Le comité d’éthique de l’IS, présidé par Pierre Moscovici a commencé à se pencher sur la question, mais, c’est un travail ardu depuis que la « realpolitik » existe même dans la gauche.
Certes, le monde est devenu complexe, mais il n’y a plus de pratique socialiste des relations entre partis ou entre pays. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir comment on se positionne sur la Russie, Poutine, la Tchétchénie d’un côté et de l’autre, Chavez ou Morales…
Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi.
Rappelons que c’est aussi sous la pression de l’Internationale et en particulier de la social-démocrate allemande qui la dominait alors que les socialistes français se sont réunis pour former la SFIO.
Dans les années 70, militer au PS cela signifiait côtoyer des camarades espagnols, portugais, chiliens ou grecs présents en France pour des raisons douloureuses.
On se rappelle du congrès du PSOE à Suresnes en 1974. Congrès de rénovation, il se tient en présence de François Mitterrand et Willy Brandt. Il voit l’avènement de la jeune génération emmenée par Felipe Gonzalez, ouvrant la voie à la reconquête du pouvoir douze ans plus tard pour quatorze années décisives qui changèrent profondément l’Espagne.
On se souvient de l’amitié personnelle entre Mitterrand et Soares ou entre Mitterrand et Andreas Panpandreou – le PS et le PASOK parvenant au pouvoir à quelques mois d’intervalle en 1981…
Qui se rappelle qu’en 1973, des dirigeants socialistes sont parti à Santiago pour aider à « sortir » des camarades chiliens après le coup d’état de Pinochet !
Depuis, les choses ont changé. Les organisations qui ont précédé le PSE étaient fréquentées par de hautes figures qui avaient connu des moments tragiques de l’Histoire, certaines ont marqué pour longtemps le mouvement social-démocrate européen comme Olof Palme ou Bruno Kreisky.
Chacun se souvient de ce qui restera dans son histoire peut-être, comme « l’Occasion manquée », quand la majorité de l’Europe était gouvernée par les sociaux-démocrates et où la seule initiative qui exista fut la proclamation de la fameuse « Troisième voie » de Blair et du Nouveau centre de Schröder.
Tirant les conséquences de cette époque, la présidence de Rasmussen a constitué un progrès car le PSE a compris qu’il ne pouvait plus être qu’un parti de partis dont l’ambition politique serait toujours retenue par le désintérêt que cause la place des enjeux nationaux qui étouffent le reste, que le sentiment d’appartenance à cet ensemble qu’était l’Europe devait trouver un débouché organisationnel plus durable que les manifestations contre la guerre en Irak ou les forums sociaux ou les contre sommets.
Bref, puisqu’ils existaient des socialistes européens – ou plus précisément, européistes – qu’ils se revendiquaient comme tels, il ne fallait pas s’arrêter à la coordination des directions politiques, mais aller jusqu’à l’organisation de la base.
Dès lors, il y avait deux manières d’aborder le problème. Soit d’un point de vue de l’organisation : quelle articulation entre « la base » et le sommet ? Quelle importance accorder au militant dans une prise de décision sur laquelle tel ancien premier ministre a plus de prise ? Soit d’un point de vue de l’action politique : le PSE n’est pas le parti démocrate américain, avec lequel du reste, il espère créer des points de convergence : il n’existe pas qu’au moment des élections et au Parlement. Il prétend avoir une vie ailleurs qu’à Bruxelles plus fréquente que tous les cinq ans.
Les Français ont été à la pointe du combat pour l’évolution du PSE vers un parti d’adhérents et de militants. Alain Richard a régulièrement plaidé cette cause en tant que vice-président.
Le PSE a lancé l’initiative il y a un an des « PES activists », des militants du PSE. Il s’agit de promouvoir le débat européen dans tous le pays de l’Union, de renforcer l’attention sur les élections. Par exemple, à l’occasion des élections en Pologne, les militants du PSE organisèrent la campagne en faveur du LiD auprès de la communauté polonaise de France. Ce ne sont pas des actions de masse pour le moment, mais ce n’est qu’un début.
Déjà, des militants du PSE avaient participé au congrès de Porto. Désormais, tous les militants des trente partis membres du PSE ont leur mot à dire sur le programme des sociaux-démocrates lors de prochaines élections européennes en 2009. Ce Manifeste va s’élaborer à la base dans une première phase, jusqu’en juin. Il est possible de contribuer en ligne sur le site ad hoc : Manifesto2009.pes.org et de prendre des initiatives comme des groupes de travail par exemple. La voix des militants du PSE de France est déjà connue, il faudra renforcer cette action. Alors l’internationalisme et l’européisme que nous confessons tous, aura du sens. Car l’Europe politique, sociale et juste, c’est l’affaire de tous. -
Le Parti démocrate vu de France - 15-10-2007 17:30:25 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le Parti démocrate vu de France
Pour les Français en général, et la gauche française en particulier, la scène politique italienne est assez proche, mais plus complexe. La foule de petits partis, les scissions sans cesse et les gouvernements, comme le dernier, qui compte plus de cent membres, cela donne un peu le tournis. Pourtant, la recomposition de la gauche italienne amorcée il y a quinze a donné des résultats sur lesquels il faut méditer.
En comparant ce qui est comparable, le PCF et le PCI furent les deux plus grands partis communistes d’Europe de l’Ouest. Mais si le premier s’est entêté dans son stalinisme, le deuxième a su très tôt développer son autonomie et prendre ses distances avec Moscou. Les deux partis se sont par ailleurs parfaitement fondu dans l’environnement de leurs pays respectifs au point que ni l’Union de la gauche, ni le Compromis historique n’inquiétèrent les gens sérieux à droite. Localement, l’ancrage du PC a sérieusement concurrencé le poids de l’Eglise catholique parfois, il s’y est substitué.
Sous cette emprise et face à une droite ou une démocratie chrétienne, les partis communistes furent longtemps très dominants à gauche, coinçant les partis socialistes dans des situations d’alliances de gouvernement. A l’inverse de la France, le Parti socialiste, a n’a jamais été durablement écarté du pouvoir. D’ailleurs, mal lui en a pris si on peut dire puisque le PSI ne fut même pas le bénéficiaire de la Chute du Mur car, il fut pris dans des affaires de corruption et force est de constater que ce sont les anciens communistes du PCI qui ont réalisé la mue de la gauche italienne pour former le centre gauche avec DS dans un premier temps et, depuis quelques jours donc, le Partito democratico.
Nous vivons dans une époque paradoxale. D’un côté, l’affaiblissement des clivages entre la droite et la gauche et la volonté de converger sur des « valeurs communes » de plus en plus nombreuses. La droite ne veut plus être le camp des conservateurs et des patrons, donc elle se pique de faire du social et la gauche veut être « réaliste » et « moderne » et donc, elle n’oppose pas toujours quelque chose de conséquent face au libéralisme économique, voire, elle lui cède. Car l’autre partie de ce paradoxe c’est précisément la radicalisation de la droite libérale qui remet en cause tous les acquis sociaux obtenus depuis la fin du 19e siècle.
Cela se traduit, dans l’émergence du Parti démocrate par le débat sur l’adhésion au PSE. Celui-ci a changé ses statuts pour accueillir les « démocrates » en plus des travaillistes, des socialistes et des sociaux-démocrates, mais dans le nouveau PD, il y a des gens qui ne veulent pas adhérer au PSE et qui resteront au PPE ou chez les centristes. On rétorquera que ce n’est pas au Parlement européen que les clivages sont les plus marqués, mais sur la scène nationale, on confinera à la schizophrénie !
Autant faut-il saluer la formation d’un grand parti de toute la gauche italienne, autant faut-il qu’il se trouve une cohérence qui soit autre qu’électorale, autre chose que la tentative de consolidation de la majorité de Romano Prodi.
Il faut continuer ce travail de construction politique, qui n’a de sens que si cela s’accompagne d’un aggiornamento théorique et pratique en cohérence avec notre projet européen. -
La social-démocratie en question - 01-10-2007 11:39:39 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Jean-Luc Mélenchon est un dirigeant socialiste qui appartient à ce qu'on appelle "trompeusement", "l'aile gauche" du PS. Il a en effet toujours souhaité créer un pôle de radicalité allant des socialistes aux trotskistes en passant par les écologistes et les communistes.
Il vient d'écrire un livre sur le bilan de la social-démocratie en Europe dont il juge que lorsqu'elle n'a pas échoué, elle a trahi. Ce travail a le mérite d'être une des rares analyses de la gauche européenne par le menu. Bien sûr, pour nourrir sa thèse, il pratique la mémoire sélective, mais à l'heure où on pense qu'il faut la renouveler, on est bien obligé de constater que notamment dans les pays où elle fut dominante comme la Suède ou l'Allemagne, nos camarades sont en pleine phase de réflexion...
Parfois, la critique est stimulante. C'est le cas. Le renouveau de la social-démocratie européenne passe probablement par une réactivation du clivage droite-gauche par delà les traditions locales et surtout par une autre prise en compte du reste du monde car, les expériences sud-américaines ou sud-africaines sont riches d'enseignement... -
Politique étrangère : la chiraquisation de Sarkozy - 28-09-2007 11:48:21 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le discours de Nicolas Sarkozy rappelle celui de Chirac à Johannesburg sur « la maison qui brûle » Il est dans la tradition universaliste française qui consiste à énoncer de grands principes sur la justice, la lutte contre la pauvreté ou encore la nécessité de « moraliser le capitalisme financier ». La prise en compte de la dimension écologique est une bonne chose, mais il faut passer des discours aux actes et évoluer vers une diplomatie plus multilatéraliste, c’est-à-dire que la France prenne en compte les Nations Unies car pour le moment, depuis son arrivée au pouvoir, une très grande partie de l’activité du président a été de multiplier les signes en faveur de l’administration Bush.
La vraie rupture avec la diplomatie de Jacques Chirac serait de passer aux choses concrètes. Sinon, ce serait du chiraquisme jusqu’au bout : des discours et rien derrière.
Appeler de ses vœux un New deal écologique va dans le bon sens à condition que l’on s’adresse aussi aux Etats-Unis qui sont le principal opposant à ce New deal par leur refus de ratifier le protocole de Kyoto.
Sur la question du nucléaire, Sarkozy veut exporter du nucléaire dans un objectif commercial. Mais a-t-on les garanties que le programme de développement de nucléaire civil ne permette pas d’évoluer vers le nucléaire militaire ?
A l'heure où la diplomatie française s'atlantise, il y a un danger que l'arrogance française nuise à l'Europe... -
Bonne chance Georges ! - 15-09-2007 12:17:37 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Demain dimanche, grosse journée pour la gauche. La fête de l'Huma en France regroupera, à l'initiative des communistes, des forces de gauche - François Hollande y participe - pour penser la riposte contre la droite et les conditions de la reconquête.
En Grèce, on vote. Caramanlis a voulu des élections anticiper pour passer à des réformes qui s'annoncent douloureuses pour un pays qui s'est enrichi, mais où les écarts se sont creusés. Verra-t-on un scénario à l'espagnole où la popularité du gouvernement est finalement partie en fumée à cause des incendies de l'été conduit à une victoire inespérée de la gauche ?
En tout cas, seul le PASOK peut faire rimer croissance et justice sociale... -
Le nouveau combat de Geremek - 27-04-2007 12:41:31 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
On pouvait penser que la Pologne tournerait la page du totalitarisme stalinien en résistant aux sirènes du totaliratisme fascisant. Eh bien non. Nos camarades du SLD ainsi que d'autres formations de gauche ou du centre sont désormais la cible d'une chasse aux sorcières ignobles conduite par le gouvernement Kazcyniski dont le parti, Droit et Justice n'a du droit et de la justice que le nom ! C'est un scandale.
Il faut soutenir les démocrates polonais comme Bronislaw Geremek dont l'aura en Europe en font de hautes figures morales du combat pour la liberté. -
Entre deux tours en France - 26-04-2007 12:32:53 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Après le premier tour de l'élection présidentielle française, le décor qui est planté là semble plus net que jamais. Une droite plus dure et plus forte que jamais. Une gauche plus rassemblée que jamais, qui doit réussir à faire mentir l'implacable vérité des chiffres, dans un pays plus mobilisé que jamais.
Ségolène Royal a donc refermé la douloureuse page du 21 avril en réussissant à se qualifier pour le deuxième tour. A bien des égards, la schizophrénie ne doit pas l'emporter. Le but n'était pas simplement de passer le cap du premier tour. Maintenant, il faut transformer l'essai.
La levée en masse des électeurs est une bonne nouvelle pour la démocratie. Il convient de faire vivre cette flamme au-delà du 6 mai d'ailleurs. Le vote Bayrou a perturbé autant le jeu que l'intéressé, voire même plus. Celui-ci est s'est enfermé dans un piège. Les électeurs croient toujours qu'il y a une différence entre la gauche et la droite. Ils se méfient autant des extrêmes que des hérétiques qui hier encore étaient dans l'orthodoxie.
L'aventure Bayrou est finie momentanément. Il se contredirait en ralliant Sarkozy, il se banaliserait en faisant tout autre chose. D'ailleurs, la base de l'UDF et ses élus regardent ailleurs. Au soir du 22 avril, ils n'ont qu'une chose en tête : se maintenir en juin prochain !
Le Front national a encore fait les frais de la lepénisation. Dans les 30 % de Sarkozy, il n'y a pas que du bleu, il y a aussi du brun. Avec un sol qui s'est dérobé sous ses pieds, que fera Le Pen ? assigner à sa fille la mission de rendre crédible demain une majorité bleue marine avec un FN évoluant à la Fini en force d'appoint de l'UMP ? Trop tôt pour le dire.
Quant à Sarkozy, il entre dans l'Histoire politique de ce pays par la grande porte. Jamais on a eu un candidat aussi nettement à droite dans sa campagne. Donner à l'UMP une puissance de feu plus grande que le RPR est à noter. C'est dire si on doit s'attendre à des années de plomb s'il gagne.
Et la gauche dans tout ça ?
Les socialistes sont réconfortés d'être dans un pays qui est retombé sur ses pieds. Ouf ! Ils sont au deuxième tour. Ca tombe bien, car en face, le sarkozysme a montré sa vraie nature, la synthèse que personne n'aurait osé entre les deux candidats du 5 mai 2002. Du néo-gaullisme au lepénisme, Sarkozy va tenter de réussir ce que la droite avait essayé sans succès il y a vingt ans : importer en France, la révolution conservatrice reagano-thatchérienne.
Les forces de gauche sont dispersées et harassées. Nous constations récemment que les alliés traditionnels de la gauche étaient faibles avec un parti vert groupusculaire et un parti communiste crépusculaire, les urnes confirment ce constat, faisant de la LCR, la deuxième force de la gauche, limitant d'emblée les perspectives de rassemblement. Nul doute qu'il faudra battre Sarkozy dans la rue, mais il faut d'abord le faire dans les urnes. Une seule solution, en votant pour Ségolène Royal.
Il faut saluer le sursaut unitaire qui a traversé cette gauche si souvent véhémente à l'égard de la social-démocratie. Serait-ce la petite mort du gauchisme ce soir un mois après le 22 mars ? Probablement pas.
Alors que faire ?
Avec un candidat clairement à droite qui devra faire en quinze jours ce qu'il a défait en cinq ans, il faut une candidate de gauche qui devra donner en quinze jours un avant-goût de ce qu'elle fera pendant cinq ans. Elle doit incarner la gauche dans ses nuances et ses sensibilités. Montrer en quoi la gauche et la France peuvent mutuellement s'épouser. Ségolène Royal doit faire un chemin inverse à celui de Jospin dans son rapport à la présidence. Lionel, en sportif, voulait "se faire Chirac", mais il ne désirait pas la présidence car finalement, ça n'était pas sa culture. Nul doute que Ségolène Royal, "y pense" à la présidence, mais elle doit souhaiter "se faire" Sarkozy. Au nom de toutes les libertés... Elle doit aussi, dans son analyse ne pas accorder une part trop grande à son propre mérite car désormais, il faut une campagne qui enflamme tout le pays et pour ça, on aura besoin de tout le monde. Désormais, il faut voir grand. Nous partons à la conquête du pays pour la justice et l'égalité. -
Altermondialisme : il existe une voie socialiste - 30-01-2007 11:17:38 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
C’est du moins ce qu’on peut se dire en tirant le bilan du 7e forum social mondial qui s’est tenu à Nairobi où la présence record du nombre de Français et la contribution des socialistes français ont été remarqués. La tenue de ce FSM en Afrique à la veille d’échéances importantes en France permet tous les espoirs.
Pour la première fois, un forum social mondial se tenait intégralement en Afrique. Et si la presse française a estimé que ce forum était un échec, c’est essentiellement parce qu’elle n’y a pas trouvé d’intérêt dès lors que les « people » n’y étaient pas, alors que les organisations de la société civile africaine, y étaient largement représentées. Il y avait 15 000 participants à Porto Alegre en 2001. Ils furent plus de 50 000 cette année. Près des trois quarts sont d’ailleurs venus pour la première fois.
L’altermondialisme change de nature…
Après sept années de forums sociaux, le mouvement altermondialiste est en mutation. Il doit résister à l’érosion du temps et au désintérêt médiatique qui masque l’ampleur des mobilisations. Il prétend rester fidèle aux idées de départ en luttant contre sa propre institutionnalisation. Rien de tout cela n’est évident quand on considère que les choses évoluent. D’abord dans le rapport à la mondialisation. On est passé de la posture « anti » au discours « alter ». De Nairobi sont sortis des mots d’ordre qui constituent des axes de travail : les moyens de lutter contre la guerre et de gérer les conflits en envisageant de prendre le compte le rôle des ONG. La renégociation des accords de partenariat économique (APE) négociés entre l’Union européenne et les pays ACP et qui inquiètent les acteurs sociaux africains puisqu’ils sont perçus comme un facteur supplémentaire d’appauvrissement.
Dans la mesure où les forums sociaux se refusent à être des lieux d’élaboration d’une idéologie cohérente, il y a un espace dans lequel les églises et les organisations s’engouffrent de plus en plus. Porteuses d’un message spirituel et à l’initiative dans les structures de développement souvent dans des coins reculés, elles constituent désormais un acteur incontournable et peut-être structurant du mouvement, plus visible que les syndicats et plus efficace dans certains endroits, que les partis politiques.
« Comme des poissons dans l’eau ? »
La participation française elle-même fut un record. Près d’un millier de Français, un important stand de la CGT, la présence massive de plates-formes d’ONG comme le CRID (centre de recherche et d’information sur le développement), mais aussi de nombreux élus locaux ont côtoyé la délégation socialiste française conduite par Harlem Désir et composée notamment d’Henri Weber, Kader Arif et Richard Yung. Présents pour les uns au forum des autorités locales et pour d’autres au forum des parlementaires, nos camarades ont tenté de jeter les ponts d’une structure parlementaire progressiste internationale pour proposer un débouché politique et législatif au combat altermondialiste. En outre, pour la première fois, le responsable le président de la Confédération syndicale internationale, Guy Ryder, a pris la parole à la séance d’ouverture. Il a par la suite participé aux travaux du Forum progressiste mondial (FPM) qui se tenaient sur l’ensemble du FSM. Dans le cadre de l’Alliance pour le travail décent, le FPM, comme la CSI, ont pris part aux débats sur le travail décent. et lancé sa campagne avec les syndicats africains pour que la production des produits dérivés comme la construction des stades lors de la prochaine coupe du monde de football qui aura lieu en Afrique du sud – se fassent dans des conditions décentes, selon les normes de l’OIT.
En marge du forum, la délégation française a rencontré Wangari Maathai, la première femme africaine lauréate du Prix Nobel de la paix en 2004. Militante de la cause des femmes et députée, elle milite pour le reboisement de son pays, point de départ de la réappropriation par les femmes d’un écosystème maîtrisé qui contribue au développement durable du pays.
Être en résonance
Le mouvement altermondialiste française et au premier rang, les ONG attendent beaucoup de l’échéance du printemps prochain. Le parti socialiste a ainsi invité les ONG françaises, leurs partenaires du Sud ainsi que les syndicats présents à débattre à Nairobi sur le thème des relations entre la France et Afrique et des perspectives d’un développement plus solidaire. Tout le monde a répondu à l’appel, illustrant la qualité du dialogue établi depuis plusieurs mois avec Coordination SUD et le CRID. Il en ressort que la France dispose pour la première fois depuis 1981 des moyens de changer les règles du jeu économique et diplomatique entre le nord et le sud. Les attentes de la « société civile » française sont très fortes : le mandat chiraquien fut particulièrement peu convaincant en ce qui concerne la lutte contre la Françafrique et le PS suscite donc de nombreux espoirs de ce point de vue. La France et les socialistes donc jouer cette carte de la rénovation à un moment où, dans le monde africain, l’Europe apparaît de plus en plus comme un prédateur économique quasiment aussi féroce que les Etats-Unis, à la défaveur de la négociation des accords de partenariat économique. Il s’agit donc au plan européen de faire porter la voix d’une solidarité plus forte et au plan français de prouver qu’un autre monde est possible… -
Un monde plus juste, vite ! - 22-01-2007 21:18:40 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Ici à Nairobi, le PSE a du succès. La campagne du forum progressiste mondial sur le travail décent accueille beaucoup de monde et les parlementaires européens socialistes s'imposent dans les débats pour que les axes issus du Forum social soient aussi réalisables qu'ambitieux.
En effet, si on veut que les FSM ne soient ni des grands-messes de critiques sans alternatives, ni des safaris pour touristes sociaux, il faut en sortir avec du concret.
Le poids des églises est grandissant dans ces rendez-vous. Un signe du recul du politique ? Possible.
Bientôt, il va falloir mener des campagnes très importantes pour que le développement des pays pauvres se fasse vite aussi bien en termes de démocratie qu'en termes de dynamisme économique et d'égalité de droits. Ce qui n'est pas facile... -
Où en est l'altermondialisme ? - 14-01-2007 20:31:01 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Je serai au 7e forum social mondial à Nairobi au Kenya dans quelques jours avec Harlem Désir, Henri Weber et Kader Arif. C'est l'occasion de dire un mot sur l'état de l'altermondialisme.
Il y a un contraste intéressant entre ce que les médias en disent, ce qu'on en perçoit, même en tant que militant socialiste et la réalité du mouvement. Si l'intérêt des médias pour la chose a beaucoup baissé, l'ampleur du mouvement n'a pas diminué d'autant. Au contraire, aujourd'hui, l'altermondialisme est bien installé dans le paysage et dans les esprits et si ATTAC a des soucis, l'altermondialisme ne se réduit pas à cette association qui, elle aussi a parcouru bien du chemin depuis sa fondation... Pas forcément dans le même sens, ni dans le bon sens.
Pour beaucoup d'entre nous, la notion de "mondialisation" a été évoquée dans les années 90 et le Parti socialiste avait organisé en 1996 une convention nationale sur le sujet. Le mot était devenu courant. Et puis en 1999, à Seattle, la chose a fait irruption sur la scène politique. On disait alors les "antimondialisation". Mais si les légendes sont tenaces, il faut restituer la vérité. La rencontre de l'Organisation mondiale du commerce qui se tenait alors fut moins perturbée par les manifestations que la fronde des pays du sud emmenés par le Brésil de Cardoso et l'Afrique du sud ainsi que l'Europe sur une idée simple. Les relations commerciales doivent avoir des règles justes pour tous le monde ; le développement ou le profit de l'économie de certains pays ne doit pas se faire au détriment des autres.
Mais l'émergence du mouvement avec la figure emblématique d'ATTAC - à l'époque, tout le monde se faisait fort d'y adhérer ou d'en suivre les travaux. Beaucoup à gauche adhérèrent à l'idée de la Taxe Tobin.
Puis à côté des G7 puis G8, des sommets de Davos et de l'OMC, on organisa des contre-sommets ou des forums sociaux mondiaux ou locaux. grands messes des "alter". Syndicats, partis, ONG, églises, associations, réseaux, simples militants... Tout ce que la terre porte de structures plus ou moins organisées se retrouvait dans la ville de Porto Alegre, laboratoire de la démocratie participative, alors tenue par le Parti des travailleurs de Lula dont la victoire à la présidentielle fut la démonstration que les réussites étaient possibles.
Depuis, les slogans "le monde n'est pas une marchandise" ou "un autre monde est possible" sont passés à la postérité. Les médias se sont passionnés pour les faucheurs volontaires et la lutte contre les OGM. José Bové est devenu une vraie célébrité, mais sa difficulté à s'imposer dans le champ politique démontre la faiblesse structurelle de ce mouvement. Les tentatives d'instrumentalisation par la LCR ou certains courants du PCF ont échoué notamment parce que les acteurs principaux de l'altermondialisme ne sont pas dans la défiance à l'égard de la politique et notamment de la social-démocratie. Ils ne peuvent se permettre d'être sectaires en actes alors qu'ils sont unitaires en paroles. D'ailleurs, quand on travaille avec les acteurs principaux de ce mouvement que sont les ONG, elles ne sont pas dans la défiance, mais dans la recherche d'une écoute de la part des organisations politiques. Il y a donc tout intérêt à ne pas considérer l'altermondialisme comme un repère de doux rêveurs gauchistes hostiles à la social-démocratie...
Le mouvement doit trouver des débouchés politiques et seule la gauche de gouvernement peut les proposer à condition qu'elle les écoute et que tout le monde participe à l'élaboration des alternatives.
L'altermondialisme - l'usage même du mot démontre une prise de conscience qui a conduit les gens à saisir que la mondialisation il ne fallait pas la combattre, mais la domestiquer a déjà remporté quelques batailles. La plupart des gens voient maintenant que la planète doit être protégée et que la production quand elle se fait par le pillage, produit la pauvreté et les guerres. Mais, désormais ce sont les organisations gouvernementales qui doivent bouger. -
Bonne année à tous et bon cinquantenaire ! - 13-01-2007 14:47:41 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
1957-2007 : Les 50 ans du Traité de Rome semblent le point de départ le plus abouti de ce qu'on appelle la construction européenne. Il ne faudra donc pas louper cet anniversaire. Les gouvernements ont fixé déjà la date. Ce sera en mars. le PSE pourrait à cette occasion rappeler au cours d'une grande campagne populaire, relayée par chaque parti son message.
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Le développement durable ? Un combat identitaire pour la gauche - 24-12-2006 19:24:02 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Depuis les sommets de Rio et de Kyoto, les enjeux de l’avenir de la planète n’ont jamais été aussi médiatisés. Nul n’ignore plus aujourd’hui qu’elle est en danger. Chacun mesure, chaque jour les effets de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique. La cause du développement durable est devenue une de ces indignations consensuelles et elle est symptomatique de notre époque. Voilà un combat hypermédiatisé qui parle de menaces sur notre environnement que plus personne ne peut ignorer et pourtant, l’écart entre l’ampleur et la rapidité es dégâts qui nous menacent d’une part et la prise de conscience et des décisions qui s’en suivent est si grand que le confort de l’indifférence nous condamnera certainement si rien ne change.
La défense de l’environnement est un combat identitaire pour la gauche parce que pour réduire, interrompre plus inverser les effets de la pollution, il faut s’attaquer au mal à la racine. Il ne faut plus seulement consommer propre, mais produire propre. La production elle-même doit être remise en question. Toute l’analyse du capitalisme repose aussi sur la notion d’accumulation, du culte de la consommation et de l’augmentation continue des profits. Aussi, au-delà de l’exigence éthique d’un développement durable, il faut construire réponse stratégique qui soit à la fois programmatique et pragmatique. C’est toute la conception de la production et donc les considérants économiques qu’il faut repenser avec à l’esprit l’idée qu’il ne faut plus s’accommoder de la pollution ou la réduire, mais la combattre. C’est toute une culture de la production et de la consommation qu’il faut réinventer. -
Un point de vue français sur le congrès - 14-12-2006 12:52:20 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
La famille socialiste européenne est une grande famille et les congrès sont l’occasion d’en mesurer à la fois la force et le potentiel. Le potentiel : 27 pays représentés par 32 partis ! La force : il n’y avait pas que des représentants de partis dans l’opposition ou d’anciens responsables politiques. On a pu ainsi noter la présence d’Alfred Gusenbauer, le vainqueur des élections autrichiennes, qui doit former un gouvernement de coalition social-démocrate, Ferenc Gyurcsány, le Premier ministre hongrois, à la tête d’une majorité social-démocrate élue le 21 avril 2002 et réélue depuis, ou bien sûr, José Sócrates, le Premier ministre portugais, dont la popularité ne faiblit pas.
La présence durant tous les travaux d'Howard Dean, le président du Parti démocrate américain, rappelle qu'il faut investir ce chantier de rapports politiques transatlantiques entre le camp démocrate et la gauche européenne. Il nous faut entendre le message de Walid Joumblatt, venu de son pays à ses risques et ses périls pour demander aux socialistes européens de s’unir dans leur soutien à la démocratie et à l’indépendance du Pays du cèdre.
Un parti plus politique
Le PSE est un parti de partis. Mais depuis ce printemps, son président, Poul Nyrup Rasmussen, a émis la volonté de s’ouvrir aux « militants du PSE » qui, sans être des adhérents directs, peuvent s’exprimer et agir dans un cadre social-démocrate européen.
Jamais un congrès du PSE n'avait rassemblé autant de monde. À côté des délégations des partis – composées de membres des directions nationales, il y eut ces fameux militants du PSE. Ainsi, le désir de nombreux adhérents épris d'Europe d’affirmer leur culture « internationaliste » et leur volonté de travailler par-delà les frontières commence à être satisfait et ce n'est qu'un début...
Réélu dans un parti conforté et agrandi, Rasmussen peut donc continuer à développer le PSE dans une Europe qui a plus que jamais besoin du social. D’ailleurs, jamais un texte aussi important sur l’Europe sociale n’avait été adopté par le PSE, vote qui signa une des grandes victoires de la contribution des socialistes français : tout d’abord, un amendement de militants du PSE a pu être repris et soutenu par les députés français. Surtout, le texte final reprend l’objectif d’une directive sur les services publics.
L’adoubement de Ségolène Royal
La candidate socialiste fut probablement la personnalité la plus attendue, d’autant plus que Tony Blair et José Luis Zapatero étaient absents. Elle intervint à la séance d'ouverture, après Poul Nyrup Rasmussen et José Sócrates.
Le discours de Porto a quelque chose de fondateur, si on considère que Ségolène Royal incarne la première génération politique de l'après-guerre. Une génération pour laquelle l'Europe est moins une réalité à laquelle il faut se plier par pragmatisme, que le cadre désormais naturel de la perception, de l'élaboration et de la réalisation de l'action politique.??Il fallait donc marquer le coup. Ce que Ségolène Royal a fait en appelant le PSE à être un parti politique qui affirme ses priorités et son autorité en fixant clairement des objectifs qui soient la feuille de route des gouvernements de gauche.??Un contrôle politique de la Banque centrale européenne, l'exigence d'une politique étrangère commune sont des normes qu'il faut adopter. C'est ainsi qu'on fera passer l'Europe du statut de géant économique et de nain politique à celui de géant économique, de géant politique et de modèle social.
Une voie social-démocrate en Europe
Le congrès de Porto se situait dans un contexte international qui n’en finit plus de démontrer l’urgence d’une voie social-démocrate en Europe. Les États-Unis ont enfin pris conscience de leur ensablement fatal en Irak. La tournée de Ségolène Royal au Proche-Orient a redonné de la crédibilité au rôle que l'Europe peut jouer dans le monde face à la mondialisation libérale et au repli nationaliste. Jacques Delors ne s’y est pas trompé qui a rappelé, dans un discours très offensif et chaudement applaudi, que « entre le monde et la nation, il y a l'Europe ».
Dans son discours, Rasmussen a salué la construction d’une alliance progressiste en Pologne, qui sera la base d’un nouveau centre gauche, alternatif au régime des jumeaux populistes. De même, il a félicité Romano Prodi et Piero Fassino, qui sont en train de construire la plus grande force progressiste d’Italie. « Au siècle dernier, nous avons créé un mouvement commun pour l’État providence, maintenant, il nous faut faire la même chose au-delà des frontières, un compromis progressiste sur les sujets qui importent aux gens : l’emploi, les services publics, le changement climatique et la bonne gestion d’entreprise. »
Il faut maintenant lancer de grandes campagnes pour que les résolutions du PSE soient intégrées aux stratégies politiques. Comme le disait Poul "our politcis must match our policies".
Le congrès de Porto fut un succès qui doit en précéder d’autres. L’espoir est permis de voir une gauche social-démocrate renforcée aborder les enjeux à venir. N’est-ce pas du Portugal que partirent les premiers navigateurs pour faire le tour du monde ? -
Rasmussen II - 08-12-2006 17:34:19 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Non, ce n'est pas d'Anders Fogh, mais de Poul Nuryp qu'il s'agit. Poul a été réélu président du PSE ce matin. Il était seul candidat. Le congrès a entendu les interventions de plusieurs leaders dont Walid Joumblatt, Howard Dean, Alfred Güsenbauer, François Hollande ou encore Ferenc Gyurcsány.
Renforcé dans un parti conforté et agrandi, Rasmussen peut donc continuer de développer le PSE dans une Europe qui a besoin du social. Un grand chantier doit s'ouvrir sur la rénovation idéologique pour servir de modèle de développement aux partis européens de l'est car ayait fait l'expérience du stalinisme et du libéralisme économique, il faut un autre chemin... -
Ségolène Royal, portée à Porto - 08-12-2006 11:00:46 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Quand des enjeux nationaux profitent à tous... C'est la maxime idéaliste qu'on pourrait tirer de la première journée du congrès. Beaucoup de presse présente et en particulier de la presse française. Ségolène Royal était en effet attendue. Elle devait intervenir à la séance d'ouverture, après Poul Nyrup Rasmussen et José Socrates, le premier ministre du Portugal.
Le discours de Porto a quelque chose de fondateur si on considère objectivement que Ségolène Royal incarne la première génération politique de l'après-guerre. L'Europe est donc moins une réalité à laquelle il faut se plier par pragmatisme, que le cadre désormais naturel de la perception, de l'élaboration et de la réalisation de l'action politique.
Il fallait donc marquer le coup. Ce qu'elle a fait en appelant à ce que le PSE soit un parti politique qui affirme ses priorités et son autorité en fixant clairement des objectifs qui sont la feuille de route des gouvernements de gauche.
Le contrôle politique de la Banque centrale, l'exigence d'une politique étrangère commune sont des normes qu'il faut adopter. C'est ainsi qu'on fera passer l'Europe du statut de géant économique et de nain politique à celui de géant économique, de géant politique et de modèle social. -
Un congrès pas comme les autres - 08-12-2006 10:41:36 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le congrès du PSE semblait souffrir de la comparaison avec les congrès traditionnels de partis à l'échelon national. La ferveur militante des salles emfumées est remplacée par cette ambiance de colloque ou de symposium. Mais en réalité, le congrès de Porto, est historique Jamais un congrès du PSE n'a rassemblé autant de monde. A côté des délégations des partis - composées de membres des directions nationales, il y a ces fameux militants du PSE. Le vœu de Rasmussen de rendre finalement le PSE encore plus socialiste, encore plus social-démocrate ou encore plus travailliste est soutenu par pas mal d'adhérents épris d'Europe ou marqués par cette culture "internationaliste".
Ce n'est qu'un début... -
Alfândega - 07-12-2006 11:29:31 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
C'est le lieu où se tient le congrès. Sur les bords du Douro. Un grand bâtiment pavoisé aux couleurs du PSE. Pour voir quelques photos, www.kanuty.net
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Prologue - 07-12-2006 11:27:09 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Arrivé hier à Porto, j'ai pu mesurer combien ce congrès n'avait pas grand chose à voir avec ce que nous avons à l'intérieur de nos frontières. Je doute que des courants se soient réunis dans des salles enfumées aux ambiances de conjuration où on a l'impression que tout va se jouer à un moment précis. C'est plutôt l'occasion de se retrouver et de caler quelques détails.
La presse électronique ne parle pas de ce rendez-vous pourtant incontournable de la social-démocratie européenne. Et pourtant, alors que l'on vient d'apprendre que les Etats-Unis avaient enfin pris conscience de leur ensablement fatal en Irak, et que la tournée de Ségolène Royal au Proche-Orient a redonné de la crédibilité au rôle que l'Europe peut jouer dans le monde, une fois encore, on se dit qu'on a besoin de la voix de la gauche européenne... -
Prologue - 07-12-2006 09:58:02 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Arrivé hier à Porto, j'ai pu mesurer combien ce congrès n'avait pas grand chose à voir avec ce que nous avons à l'intérieur de nos frontières. Je doute que des courants se soient réunis dans des salles enfumées aux ambiances de conjuration où on a l'impression que tout va se jouer à un moment précis. C'est plutôt l'occasion de se retrouver et de caler quelques détails.
La presse électronique ne parle pas de ce rendez-vous pourtant incontournable de la social-démocratie européenne. Et pourtant, alors que l'on vient d'apprendre que les Etats-Unis avaient enfin pris conscience de leur ensablement fatal en Irak, et que la tournée de Ségolène Royal au Proche-Orient a redonné de la crédibilité au rôle que l'Europe peut jouer dans le monde, une fois encore, on se dit qu'on a besoin de la voix de la gauche européenne... -
Où en est le PSE ? - 29-11-2006 17:03:57 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Le sixième congrès du Parti socialiste européen se tient les 7 et 8 novembre à Porto, au Portugal. Depuis deux ans, beaucoup de travail a été accompli. Le PSE est plus visible, plus écouté, plus politique…
Le précédent congrès, celui de Bruxelles en 2004, qui avait vu l’élection de Poul Nyrup Rasmussen avait donné le ton. Deux candidats s’étaient présentés. Il y avait donc eu deux orientations et un rapport de force. Rasmussen, soutenu par les Français avait été élu. Pour l’ancien leader syndicaliste, dirigeant du parti social-démocrate danois, puis premier ministre de son pays, le Parti socialiste européen ne pouvait se réduire à une organisation internationale où l’on ne parle qu’en termes feutrés, ceux de la diplomatie. Dans une construction européenne confrontée aux défis de la mondialisation, à l’hégémonie culturelle de l’ultralibéralisme, aux enjeux des élargissements et au creusement des inégalités, il fallait qu’on entende la voix de la gauche social-démocrate.
Le PSE est devenu plus qu’une coordination des directions des partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates nationaux, mais, pas encore le Parti qu’on attend. La réforme des statuts est en cours avec notamment la manière dont les décisions se prendront. Il s’agit d’aller vers des décisions prises à la majorité en ne conservant le droit de veto que pour peu de domaines comme la politique de défense.
Sur le fond, la présidence de Rasmussen fut marquée par une volonté de mener un débat entre les socialistes européens pour définir une ligne commune sur l’Europe sociale pour faire du PSE un parti en mesure de « porter l’ambition d’une préservation et d’un renouvellement du modèle social européen face aux politiques libérales », selon la formule d’Harlem Désir. Depuis deux ans, le PSE a également mené campagne notamment pour la diversité et contre la prostitution.
Ces campagnes l’ont rendu plus visible et plus crédible. Rasmussen a saisi toutes les occasions d’intervenir ou de donner les orientations du PSE dans des débats qui touchaient à toute la famille socialiste européenne, comme la campagne de juin 2004 ou les référendums sur le traité constitutionnel. Enfin, grâce au Forum progressiste mondial, le PSE, par son lien avec les ONG, est devenu un acteur à part entière des forums sociaux européens.
Après le PSE femmes fondé à l’automne 2004, dirigé par Zita Gurmai, le PSE accueille désormais des « militants du PSE ». des adhérents directs qui participent aux débats et aux initiatives politiques européennes de gauche. Cela permettrait à terme de sortir ces questions du domaine réservé des experts. Une plate-forme de blogs existe depuis l’été, animée par des militants PSE de plusieurs pays.
Le Parti socialiste européen tente d’indiquer le chemin dans une social-démocratie de rénovation, et pas de liquidation du modèle social européen. Il s’agit de poursuivre la construction d’un modèle qui garantisse croissance et justice sociale dans les pays et les partis d’Europe à l’est comme à l’ouest. -
Le sens d'une victoire - 27-11-2006 13:40:02 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Après quelques semaines de campagne interne, les socialistes français ont choisi leur candidat pour la campagne présidentielle de 2007. Ce sera une candidate. Une première dans le pays qui se présente comme "le pays des droits de l'homme", mais qui a accordé le droit de vote aux femmes après la Turquie !
Ségolène Royal fut donc investie le 16 novembre dernier par 60 % des militants. Aujourd'hui, il semble que, vu de France, l'opposition à la droite ait trouvé un visage. La question est de savoir si le projet convaincra. En réalité, elle est encore plus de savoir comment on pourra rassembler la gauche car, en France, ce qu'on appelle "la gauche de la gauche" c'est-à-dire le Part communiste, l'extrême gauche et la mouvance altermondialiste représente plus de 15 % des votes.
Pour donner du sens à la victoire que tous espèrent en 2007, il faut qu'elle soit durable. -
La question arménienne... - 12-10-2006 18:47:12 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Les parlementaires français ont adopté ce matin la proposition de loi socialiste sur la pénalisation de la négation du génocide arménienne.
Un vent de polémique a soufflé depuis quelques jours. Jusqu'aux Arméniens de Turquie qui ont condamné cette proposition.
Dans le débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, tout le monde pense que ce pays doit reconnaître le génocide et surtout, commencer par cesser de punir ceux qui en parler.
Le PSE pourrait adopter, plus largement, une résolution sur la mémoire collective. Dans une Europe aux héritages divers, il faut sans instituer une police de la pensée, garantir la réconciliation des peuples en n'assassinant ni la mémoire, ni le travail de l'Histoire... -
Il faut soutenir la gauche hongroise - 25-09-2006 19:48:34 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
A quelques jours de la célébration du cinquantième anniversaire de l'insurrection de 1956 contre les soviétiques, le rues de Budapest résonnent encore d'une fièvre révolutionnaire. Mais celle-ci est réactionnaire. Ceux qui croient qu'il s'agit du gentil peuple hongrois contre le méchant premier ministre qui a osé mentir se trompent. Vue de France, la crise hongroise semble "morale"... C'est faux.
La coalition de gauche et du centre qui gouverne la Hongrie a gagné les élections le 21 avril 2002 avec à sa tête le premier ministre Péter Medgyessy avant qu'il ne soit remplacé par Ferenc Gyurcsány. La gauche a - fait unique en Europe orientale, gagné à nouveau les élections en 2006.
Gyurcsány a un franc parler qui plait dans son pays.
C'est lors d'une réunion de travail qu'il a déclaré qu'il fallait "cesser de se mentir" et que "tôt ou tard, il faudrait instaurer une politique de rigueur". L'enregistrement de cette déclaration, caviardé a été envoyé à la presse et la publication d'extraits de l'enregistrement a mis le feu aux poudres.
A qui profite le crime ? Certainement l'extrême droite puisque dans la rue, lors des manifestations, étrangement surévaluées par la presse, les slogans anti-gouvernementaux cohabitaient avec les slogans anti juifs ou anti tziganes.
L'état magyar abrite pas mal de minorités ethniques qui sont les cibles des nationalistes.
La majorité des intellectuels hongrois, notamment ceux qui ont joué un rôle important dans l'insurrection de 1956 soutiennent Gyurcsány. De même qu'une bonne partie de la population. A l'extérieur, le PSE a renouvellé son appui, notamment à la veille des élections municipales du 1er octobre qui devraient servir de test.
Il faut, face à ce qui s'est passé en Slovaquie, réaffirmer la confiance que nous avons dans l'avenir de la gauche d'Europe centrale, face à une presse qui veut nous faire croire que l'élargissement est une erreur. C'est pourquoi les liens avec nos camarades Bulgares et Roumains notamment doivent être renforcés. -
Où en sont les socialistes français - 05-09-2006 14:55:23 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
La presse française a réduit le débat politique sur le Parti socialiste à une querelle des investitures. Quatre candidats déclarés à l'investiture qui devrait intervenir à l'automne et deux candidats non déclarés qui ont les faveurs des médias.
C'est une premier pour le PS français. Longtemps il y a eu une figure dominante qui s'imposait presque naturellement. Et puis en 1995, pour la première fois, il a fallu choisir entre deux candidats. Comme c'était une nouveauté, on a fait voter les militants pour donner plus de légitimité au candidat. La cuisante défaite de 2002 a laissé une séquelle - le leadership est contesté alors que le PS a reconquis la confiance. La preuve ? Les socialistes ont gagné toutes les élections depuis 2002.
Tout le printemps a été occupé à l'élaboration d'un projet de gouvernement pour 2007, mais l'attention des médias s'est détournée de ces rencontres régulières avec le monde syndical ou associatif. L'université d'été a été plus ouverte que jamais sur la société française et européenne, mais il n'y en a eu, à la télévision que pour les célébrités socialistes.
Pourtant, étrangement, les socialistes ont un projet et plein de candidats.
Le reste de la gauche française est acquis à la nécessité de battre la droite. L'extrême gauche n'est pas parvenu à fédérer le "non du 29 mai 2005", mieux, elle pense que les socialistes seront les principaux bénéficiaires du rejet de la droite. Les communistes et les écologistes ne désirent plus réduire l'espace du PS, mais il veulent trouver leur place dans la nouvelle majorité qui pourrait sortir des urnes en juin prochain.
Voilà la situation. Un parti de 200 000 militants, renforcé qui doit se muscler encore.
Il reste à s'amuser d'une ironie intéressante. Les socialistes ont combattu pour la plupart cette constitution qui donne tant de pouvoir au président de la république, mais cette charge suprême a un pouvoir d'attraction évident !
C'est probablement l'un des candidats qui pose la bonne question : un président pour quoi faire. -
Que faire de la droite polonaise ? - 04-08-2006 19:29:16 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Les jumeaux terribles qui président aux destinées de la Pologne ont entamé une offensive réactionnaire : tenter de relancer le débat sur la peine de mort dans l'Union européenne.
Rien que cela ! La Convention européenne des droits de l'Homme exclut un tel retour en arrière. Mais l'argument invoqué pour le gouvernement de droite et d'extrême droite polonais existe aussi ailleurs. La peine de mort pour les pédophiles. A chaque affaire de pédophilie, la question ressurgit et en France, certains députés de droite ont tenté une fois d'ouvrir le débat. Les mêmes qui ont essayé de revenir sur le droit à l'avortement...
Ce n'est qu'un élément parmi d'autres. La campagne municipale qui aura lieu à l'automne sera l'occasion de confirmer ou de sanctionner la paire Kaczynski.
On avait joué avec la peur du plombier polonais lors du débat européen, voilà que l'obscurantisme refait surface au pays de Tadeusz Ko?ciuszko ! -
Guerre au Liban quelle politique ? - 03-08-2006 13:28:30 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Vu de France, la guerre au Liban rappelle de vieux souvenirs et fait craindre le pire. Mais les données du problèmes ont changé. Comme à la fin des années 70, l'intervention israélienne est justifiée par l'incapacité du gouvernement libanais à empêcher que le Hezbollah attaque son voisin du sud. Mais cette fois, le Liban, débarrassé plus ou moins de la tutelle syrienne, devait, en respect de la résolution 1559, désarmer ses milices.
La banalité du mal a joué une fois encore. L'opinion semble plus sensible aux raids israéliens de ces derniers jours qu'aux tirs de Katioucha du Hezbollah de ces dernières années.
Le ministre de la défense est aussi le président du Parti travailliste. Comment faire pour ramener la politique dans ce conflit ?
La réprobation dont Israël fait l'objet est justifiée quand on constate le drame que vivent les civils libanais, mais dans le même temps, les fauteurs de guerre que sont le Hezbollah et l'Iran sont épargnés. C'est un problème de taille.
Il faut que l'opinion européenne se mobilise pour que les décisions prises par l'Union soit la marque d'une volonté politique forte et pas l'expression faible d'un consensus mou. -
Juillet 1936... - 20-07-2006 10:45:37 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Et l'Espagne se réveilla en guerre...
Non, pas contre Benoît XVI, mais contre les fascistes de Franco. C'était il y a 70 ans cette semaine. Une terrible guerre civile qui opposa les républicains aux nationalistes. Les seconds n'ayant pas accepté la victoire des premiers. La récente visite du pape en Espagne a été l'occasion pour la gauche espagnole d'affirmer sa volonté de prendre ses distances avec l'Eglise. Un premier pas vers une "laïcité à l'espagnole" ? quizas, quizas, quizas... Il reste que la Guerre civile demeure dans nos mémoires comme la marque infâmante du fascisme qui sommeille dans toute idéologie réactionnaire.
La guerre civile d'Espagne a marqué les esprits des deux côtés des Pyrénées. D'abord parce que c'était la gauche espagnole qu'il fallait soutenir. Un front populaire au côté d'un autre. Léon Blum, président du conseil d'alors n'a pas pu obtenir comme il l'aurait souhaité le soutien militaire de la France. A l'époque, l'armée française était la plus puissante d'Europe, peut-être que le cours de l'Histoire aurait été changé.
Le gouvernement français n'a pas toujours été à la hauteur. Beaucoup de républicains espagnols, réfugiés en France dans des conditions dramatiques ont été internés dans des camps dans le sud du pays.
On a tous en tête le film de Ken Loach, Land and Freedom qui montre comment la lutte anti franquiste a été dévoyée par les staliniens. Pourtant, on avait là une belle union de la gauche, toute la gauche espagnole, jusqu'aux trotskistes et aux anarchistes avec les socialistes comme force centrale.
Le PS français a aidé très fortement le PSOE a se reformer. Le congrès de refondation de 1970 à Suresnes a fait émerger la figure de Felipe Gonzalez.
Le signe que donne Zapatero, d'une gauche rajeunie qui réinvente son rapport à l'Espagne traditionnel que dix années de gouvernement Aznar (néo franquiste assumé quand même quand on regarde son parcours) donne des raisons d'espérer dans l'idée européenne quand on regarde cette belle péninsule déchirée par la guerre civile, torturée par le fascisme, restaurée par le socialisme démocratique et modernisée par l'Europe... -
Une occasion en or - 03-07-2006 12:19:06 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Il y a quelques jours, Harlem Désir et Bernard Poignant ont tenu une conférence de presse au siège du Parti socialiste à Paris pour présenter la campagne du groupe PSE pour une directive cadre en faveur des services publics. La diversité des services d'intérêt général est telle qu'une harmonisation européenne et surtout un cadre légal au niveau de l'Union permettrait de mieux les protéger et de mieux les développer. C'est le sens de la campagne. Puisqu'on ne cesse de "sentir monter" une opinion publique européenne, c'est aussi une occasion en or de mobiliser toute la gauche européenne pour que la Commission et le Conseil se chargent de cette question et que le Parlement européenne en débatte...
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Non à une coalition Rose-Brun ! - 29-06-2006 17:57:41 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Pour ceux qui s'intéressent à l'actualité européenne, l'annonce d'une coalition entre l'extrême droite et les sociaux-démocrates du SMER en Slovaquie est une honte.
On ne peut pas laisser passer cela. Nous avons accueillis dans une Europe élargie des nations envers lesquelles nous avions un devoir moral. Après un demi siècle passé sous la chape de plomb du stalinisme, elles pouvaient enfin rejoindre la grande famille démocratique des Européens. Ce n'est pas pour se jeter dans les bras d'un parti xénophobe comme le SNS.
L'alliance entre la gauche est l'extrême droite est plus que contre nature, elle est anti-sociale. Il ne faut pas laisser faire ! -
La solidarité internationale devient une réalité - 23-06-2006 09:36:16 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Sur le blog de Nils, ce petit texte posté le 22 juin dernier que je vous proposent en français.
Il y a deux jours, c'est un véritable événement historique qui s'est produit. Des ouvriers portugais sont inquiets de perdre leur emploi et manifestent. Jusqu'ici, rien de surprenant. Mais cette fois, la protestation dépasse les frontières. Des ouvriers allemands les rejoignent par solidarité.
Le personnel de l'usine General Motors/Opel d'Azambuja au centre du Portugal s'est brièvement mis en grèves pendant que leurs collègues de quatre usines allemandes faisaient de même, montrant leur solidarité et leur volonté de se battre à leur côté.
C'est un pas décisif vers la solidarité socialiste internationale : les travailleurs ont démontré qu'ils n'entendaient plus de simples figurants dans le jeu du capitalisme mondial. Ce mardi, les employés de General motors ont montré qu'ils ont l'intention de devenir des acteurs dans ce jeu-là en contruisant des mobilisations locales et transnationales. -
La gauche française entre nord et sud - 06-06-2006 08:31:33 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
L'expression française "perdre le nord" signifie être sans repères. On dit aussi, en argot "être à l'ouest"... En politique, cela fonctionne différemment. Par son histoire ancienne, la gauche française n'entretient pas le même rapport avec les gauches nordique et méridionnale. En général, on vante les succès de la social-démocratie scandinave, mais on répugne à s'en inspirer. En revanche, il y a une vraie proximité avec les partis socialistes du sud. L'Espagne, le Portugal, l'Italie ou la Grèce. Il faut dire que les militants socialistes français ont eu plus de liens avec les camarades de ces pays ces trente dernières années.
D'une certaine manière, l'immigration a aussi joué un rôle important dans ces rapports. La France a accueilli de nombreux réfugiés après la guerre civile espagnole et c'est en France que les socialistes portugais, espagnols ou grecs ont pu trouver refuge. Le congrès de Suresnes de 1970 dans la banlieue de Paris a permis à Felipe Gonzalez de recréer un PSOE rajeuni. On ne compte plus les heures pendant lesquelles Mario Soares et François Mitterrand ont devisé sur l'avenir du socialisme.
Mikis Theodorakis a composé la chanson des grands meetings socialistes français des années 70. De fait, quand on militait au PS parisien pendant cette période, on le faisait au côté de camarades qui avaient fui la dictature. Certains d'entre eux étaient aussi chiliens bien sûr. Cela crée des liens.
De fait, on est plus "socialiste" dans le sud que "social-démocrate". Pour autant, la synthèse des deux y est plus réelle qu'en France. Ces pays ont aussi en comment d'avoir une droite souvent dure et un parti communiste qui a longtemps dominé.
Il est vrai que tout ce qui est plus ensoeillé attire et que la rose socialiste a besoin du soleil qui brille au pays du PASOK pour retrouver des couleurs et un beau parfum ! -
L'après 29 mai en France - 01-06-2006 20:06:15 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Un anniversaire dont on se serait bien passé. En France, les partisans du "non" au traité constitutionnel ne regrettent rien. Le plan "B" annoncé est toujours "annoncée, et pendant ce temps, l'Europe est plombée. Comme le dit Pierre Moscovici, il ne faut pas refaire le match. La relance doit se faire par des dossiers d'actualité. Les frontières, la politique sociale...
Au sein du PS français, on cherche intelligemment à dépasser le "oui" et le "non" depuis cette défaite politique. C'est d'autant plus important qu'on ne pourra pas ignorer que celui qui gagnera la présidentielle en 2007 devrait, lui aussi, à l'instar de l'Italie, réconcilier la gauche française et l'innovation européenne. -
L'Italie libérée - 01-06-2006 20:00:05 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
La victoire de la gauche italienne aux élections municipales confirme la victoire de Romano Prodi aux élections générales. On pouvait craindre que la faiblesse de l'écart handicape la coalition l'Unione, maintenant, comme on dit en rubgy, l'essai est transformé.
C'est une très bonne nouvelle pour toute la gauche européenne. Certes, les démocrates de gauche n'ont pas percé dans cette victoire, chacun des petits partis de la coalition tient un petit bout de la majorité, mais cela oblige à une solidarité gouvernementale dont la fin serait le meilleur moyen de donner à Berlusconi ce que les électeurs italiens lui ont refusé.
Que faire de cette victoire ? Cela ramène le pays de de Gasperi dans le giron des moteurs de l'Union européenne. -
Comment comprendre la gauche française - 23-05-2006 18:02:50 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Comment comprendre la gauche française…
La gauche française est très fière de son histoire. Un des éléments à prendre en compte quand on la considère est qu’elle a existé avant d’être socialiste puisqu’elle revendique comme moment de naissance la Révolution de 1789.
C’est aussi ce gène révolutionnaire qui la caractérise. La confrontation, élément essentiel de la politique est poussé très loin en France. Pour que la gauche s’impose en France, comme dans d’autres pays, il a fallu un mouvement ouvrier fort et acharné. Mais dans le même temps, le passé révolutionnaire a toujours pesé et donc, la « normalisation » des rapports de force entre la droite et la gauche, n’a jamais pu se faire comme dans d’autres pays.
Nous avons donc cette curiosité qui étonne hors de nos frontières. Pendant 25 ans, on a eu une extrême droite à 15 % et une extrême gauche influente dans les médias et à 10 % dans les dernières élections, qui si on lui ajoute le score d’un parti communiste déclinant laisse un espace de près de 20 % sur la gauche du PS.
Il faut donc compter avec cela. Les errements du PS dans les années 50 sur la question coloniale et le poids du PC ont libéré un espace pour la résurrection du trotskisme qui imprègne culturellement la gauche française.
Du coup, elle entretient une curieuse contradiction. Internationaliste dans ses intentions, la gauche française demeure finalement très « cocardière », extrêmement fière.
Mais une nouvelle génération émerge qui, nourrie du pragmatisme qui a émergé dans les années 80, cherche d’autres modèles pour rénover la gauche française. Modèle néo-travailliste ? Scandinave ou quelque chose d’autre encore ? -
Un petit pas pour le PSE, un grand pas pour l'Europe ? - 23-05-2006 16:25:29 - Only logged activists can post a comment, please sign in or register here
Cela faisait longtemps que certains en rêvaient, devenir de vrais "militants du PSE". On avance. Jusqu'à maintenant, la chose était réservée à quelques privilégiés, ceux qui peuvent voyager ou ceux qui ont des responsabilités.
Aujourd'hui, peut-être sommes-nous en train de poser les premières pierres de quelque chose qu'il faudra animer.



